- Des panneaux de signalisation disparaissent régulièrement dans plusieurs communes françaises.
- Ces vols suscitent un énorme casse-tête, notamment financier, pour ces villes et villages aux moyens souvent modestes.
- Les équipes du 20H de TF1 ont tenté d’en savoir plus sur ce phénomène.
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Le 20H
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« Ici, on avait un panneau 70. On se l’est fait voler, avec le mât »
. Comme le maire Éric Garion, Jean-François Thiebaut, adjoint chargé de la voirie à Uriménil, commence à perdre patience. Cinq panneaux routiers ont été volés en à peine deux mois dans ce village des Vosges. À chaque fois, il s’agissait de panneaux limitant la vitesse à 70 km/h. Pourtant, « il faut en vouloir pour les enlever »
, souligne-t-il, en montrant le système de fixation de ces écriteaux. « On se pose des questions. On est un peu en colère. On ne sait pas si c’est vraiment des gens qui se plaignent de la vitesse ou (autre chose). Personne n’est venu se plaindre en mairie »
, affirme l’élu.
Ces vols intempestifs pèsent fortement sur le budget de la commune de 1.300 âmes. À plus de 150 euros le panneau, la facture grimpe vite. Au total, elle doit débourser plus de 1.000 euros avec la main-d’œuvre. « C’est un trou dans le budget, forcément. Parce que ce sont des sous qu’on pourrait mettre ailleurs : dans les bâtiments, le matériel roulant… Ce sont des sous dépensés inutilement »
, déplore l’adjoint.
Un phénomène à la mode chez les jeunes
Les habitants, eux aussi, s’interrogent. « Est-ce que c’est un jeu, un challenge ? Je n’en sais rien. Ça doit en amuser quelques-uns »
, se questionne l’un d’eux, interrogé par le 20H de TF1. Il ne croit pas si bien dire. Pour certains, s’emparer des panneaux de signalisation est en effet devenu un défi. Les voleurs, des jeunes principalement, s’affichent sur les réseaux sociaux avec leurs prises. Souvent dérobés lors de soirées arrosées, les panneaux finissent parfois en vente sur Internet. On en retrouve des milliers sur les plateformes de seconde main, pour seulement quelques dizaines d’euros. Contacté, leboncoin, plateforme française leader en matière de revente, rappelle que « les annonces proposant des biens volés sont interdites »
. « Si une annonce non conforme est publiée (…) et qu’elle est signalée par un utilisateur, elle est retirée »
, ajoute l’entreprise.
C’est fluo, imposant, sans défense
C’est fluo, imposant, sans défense
Un collectionneur de panneaux de signalisation
Mais les larcins sont aussi parfois l’œuvre de simples collectionneurs. TF1 a pu contacter l’un d’entre eux, qui a subtilisé une dizaine de panneaux. Sa justification est pour le moment surprenante : « Pourquoi des panneaux ? Parce que c’est grand, c’est fluo, c’est imposant, c’est sans défense. Le panneau, une fois qu’il est chez toi, il est chez toi. Tu ne vas pas le ramener. »
Interrogé sur la dangerosité potentielle de tels agissements, le jeune homme assure « qu’on ne va pas s’amuser à retirer un panneau qui prévient d’un immense trou sur la chaussée »
. « Après, s’il y avait un accident, je m’en voudrais beaucoup, effectivement »
, glisse-t-il. Or des accidents se sont déjà produits. En Vendée, il y a deux ans, un bus scolaire a terminé dans le fossé après avoir emprunté une route à sens unique. Le panneau avait été volé quelques jours plus tôt.
Quelles solutions ?
Mais alors comment enrayer ce phénomène ? Longtemps cible privilégiée des voleurs pour ses panneaux d’entrée, Montcuq (Lot) a essayé différents systèmes pour les protéger. « Une première solution a été de souder au niveau du boulon. Mais maintenant, avec les appareils électriques, ce n’est plus possible. La deuxième solution a été de mettre un mur, et d’écrire directement dessus »
, indique le maire Antoine Rony (SE). La commune n’a, en revanche, jamais envisagé la vidéosurveillance, plus efficace mais aussi beaucoup plus coûteuse.
Le nombre de vols a tout de même commencé à baisser. Et ce, pour une raison étonnante : le regroupement de quatre communes. « Maintenant, la commune de Montcuq-en-Quercy-Blanc apparaît sur le panneau. Celui-ci est plus gros et moins intéressant à afficher comme trophée dans les chambrées des étudiants »
, juge l’édile. La municipalité a également mis en vente une réplique de ce célèbre panneau à l’office de tourisme.
Pour rappel, détacher et s’emparer des panneaux de signalisation est illégal. Les voleurs encourent jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende.









