- Entre la politique, les dépenses, l’éducation des enfants, la destination des vacances… Les sujets qui fâchent ne manquent pas.
- Parfois, les divergences d’opinion peuvent glisser vers une dispute qui met très mal certaines personnes, si bien qu’ils évitent de s’exprimer.
- Derrière cette conduite d’évitement se cache en réalité une faible estime de soi et des blocages émotionnels non résolus.
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À moins d’être accro aux dramas, personne n’apprécie les situations conflictuelles. Pour certaines personnes, les conflits provoquent même une véritable poussée d’anxiété et elles les évitent donc à tout prix. Cette crainte du conflit se manifeste par une peur de se confronter aux autres ou de décevoir les proches. Plutôt que de s’exprimer, elles préfèrent nier l’existence des problèmes, éviter certains évènements ou certaines personnes par crainte des réactions. Toutefois, cette peur du conflit peut cacher autre chose. Pour la psychanalyste Anne-Marie Mormin, interrogée par Psychologies.com
, cette « conduite d’évitement » peut venir d’un manque d’estime de soi. Elle explique : « Fuir les oppositions, c’est éviter de se sentir infériorisé et maintenir, de façon illusoire et à court terme, sa valeur
« . Elle poursuit : « Le sujet manque de solidité intérieure pour affronter une situation, soit parce qu’il a été mal ou peu accompagné (enfant fragile, carence affective ou éducative), soit parce que des expériences de vie négatives l’ont amené à ressentir une position d’infériorité et ont déclenché ce processus réactionnel
« .
Une peur qui réactive les blessures émotionnelles
Éviter les conflits cache également un problème de gestion des émotions, mais surtout des blessures émotionnelles non résolues, notamment la peur du rejet ou de la rupture. Sur son site (nouvelle fenêtre), la psychothérapeute Karine Biava explique : « Beaucoup de personnes redoutent que le conflit aboutisse à une rupture relationnelle. Dans certaines relations, l’idée de déplaire à l’autre ou de le contrarier crée une angoisse qui pousse à éviter les désaccords
« . La conduite d’évitement trouve aussi sa source dans des expériences passées douloureuses, notamment des conflits intenses, des violences familiales ou encore du harcèlement. Ces expériences laissent des traces profondes, si bien que le désaccord ou l’opposition est associée à une situation d’insécurité. Pour la psychothérapeute, « lorsque cette peur des conflits s’installe durablement, elle peut entraîner des conséquences émotionnelles et relationnelles profondes, à tel point que certaines personnes se sentent bloquées dans leur capacité à s’affirmer et à s’exprimer pleinement.
«
Néanmoins, il est possible de surmonter cette peur et de ne pas s’enfermer dans le silence pour éviter la mésentente. Elle « diminue lorsqu’on se sent préparé et outillé pour les gérer de manière constructive. Avoir des compétences de communication adaptées et une compréhension des dynamiques de conflit permet de rester plus calme et confiant face aux désaccords
« , explique la psychothérapeute Karine Biava. Un travail thérapeutique peut déjà permettre de comprendre les origines de cette conduite d’évitement, de travailler sur l’auto-compassion, la gestion émotionnelle et de renforcer la confiance et l’estime de soi.