Devenir affichiste pour le cinéma n’était pas son premier choix, mais le métier lui a tendu les bras. A sa sortie de l’école, au début des années 1950, Christian Broutin rêvait d’une carrière dans l’animation ; jusqu’à ce qu’il apprenne que le réalisateur Paul Grimault, avec qui il souhaitait travailler, ne parvenait pas à financer la fin de son premier long-métrage, La Bergère et le ramoneur.
Son père connaissait des gens dans « le milieu du cinéma », se souvient-il. Il raconte que sa toute première affiche de film lui a été commandée par une maison de production pour Toutes voiles sur Java (1953), une série B américaine de Joseph Kane, autour d’une obscure chasse au trésor et d’un volcan en éruption. Le film a aussi peu marqué les mémoires que son affiche, au dessin approximatif et criard. Celle-ci concentre d’ailleurs tout ce dont l’artiste va s’éloigner : un visuel redondant avec le sujet du film, l’absence d’idée et de style.
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