- Rachida Dati a démissionné ce mercredi 25 février du ministère de la Culture où elle a été nommée il y a deux ans.
- Budget de son ministère, cambriolage du musée du Louvre, réforme de l’audiovisuel public… Elle laisse un bilan mitigé.
- Candidate de la droite à la mairie de Paris, elle va désormais se consacrer à sa campagne.
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Après le casse spectaculaire, le musée du Louvre accumule les problèmes
Un peu plus de deux ans après sa nomination au ministère de la Culture, Rachida Dati a remis ce mercredi 25 février sa démission à Emmanuel Macron. Candidate de la droite à la mairie de Paris, elle va consacrer les prochaines semaines à sa campagne en vue des élections municipales des 15 et 22 mars prochains. « J’ai l’énergie, la détermination et la volonté nécessaires pour transformer la ville et relever les défis qui l’attendent »
, écrit-elle dans un communiqué.
Si elle salue « l’engagement exceptionnel des agents du ministère »
et se félicite d’avoir « conduit des chantiers majeurs pour notre pays »,
le bilan de son bail rue de Valois est contrasté. Ses proches et ses détracteurs en conviennent, avec son franc-parler et son aura médiatique, l’ex-ministre sarkozyste de 60 ans a redonné de la visibilité à un ministère confié, sous Emmanuel Macron, à des personnalités plus effacées. Elle est d’ailleurs l’une des très rares à avoir survécu à tous les remaniements du gouvernement depuis janvier 2024, malgré des poursuites pour corruption dont elle répondra au tribunal à l’automne.
« Elle a mouillé sa chemise sur le budget »
Rachida Dati n’a cependant pas pu s’opposer à la baisse du budget alloué à son ministère. Les crédits accordés à la Culture accusent cette année une baisse de 173,4 millions sur 3,7 milliards d’euros de budget hors audiovisuel. Elle assure cependant avoir réussi à limiter la casse. « Elle a mouillé sa chemise sur le budget »,
confirme à l’AFP Alexis Fritche, secrétaire général de la CFDT Culture, jugeant pourtant son bilan « mitigé ».
Le secteur du spectacle vivant subventionné, directement impacté par les coupes budgétaires, est de son côté plus alarmiste et alerte sur les risques de « chômage massif »
en 2026.
Proverbial, son goût du combat l’a parfois conduite en terrain glissant, quand elle menace de poursuites l’éditorialiste Patrick Cohen sur France 5 ou accuse, sous serment, le magazine de France 2 Complément d’enquête d’avoir soudoyé un proche. A chaque fois, la ministre assume mais clive. Dénonçant ses « agressions verbales »,
la CGT Spectacle avait appelé à sa démission en 2025.
La réforme de l’audiovisuel public dans les limbes
L’un de ses chevaux de bataille a été la réforme de l’audiovisuel public. Dès sa prise de fonctions, Rachida Dati en a fait sa priorité, estimant que France Télévisions, Radio France et l’INA devaient s’unir face aux plateformes. « Il y a un impératif »
, a-t-elle encore déclaré début février.
Percuté par la dissolution ratée de 2024, ce projet de holding a été ballotté au gré de l’instabilité politique. Son adoption chaotique au Sénat à l’été 2025 laissait entrevoir une éclaircie mais le gouvernement ne l’a pas inscrit au prochain ordre du jour de l’Assemblée et le texte est aujourd’hui dans les limbes. « S’il y a un échec en la matière, c’est celui de l’Assemblée »
, affirme à l’AFP le président LR de la commission culture de l’Assemblée, Alexandre Portier, qui défend une ministre ayant « toujours refusé le statu quo »
.
Les deux ans de Rachida Dati à la tête du ministère de la Culture ont enfin été éclaboussés par le cambriolage du musée du Louvre en octobre dernier. Elle a refusé la démission de la présidente du musée Laurence des Cars (nouvelle fenêtre), lancé une enquête administrative aux conclusions accablantes et ordonné des mesures d’urgence. Mais la crise a persisté, doublée depuis la mi-décembre d’une grève des personnels qui perturbe l’accès au musée le plus visité au monde. Laurence de Cars a finalement démissionné mardi, remplacée par Christophe Leribault, jusqu’ici président du château de Versailles.
Après avoir porté plusieurs semaines les deux casquettes de ministre et candidate, Rachida Dati n’a désormais plus qu’un objectif : la mairie de Paris, qu’elle considère comme « l’engagement de sa vie ».











