Dans la tourmente, Ubisoft envisage 200 suppressions de postes sur les 1 100 que compte son siège, basé à Saint-Mandé (Val-de-Marne), soit 5 % de l’ensemble de ses salariés en France. La direction va proposer un projet de rupture conventionnelle collective, sur la base du volontariat, à des salariés en contrat à durée indéterminée (CDI) répondant à des critères définis avec les syndicats.
Seuls les employés du siège du groupe (dénommé « Ubisoft International ») sous contrat français sont concernés par cette proposition, a précise Ubisoft à l’Agence France-Presse (AFP). Les autres entités, notamment les studios de création de jeux situés ailleurs en France ne sont pas concernés. C’est la première fois que le champion français du jeu vidéo propose un plan de départs de ce type en France, qui n’a pas à être justifié par un motif économique.
Créateur d’Assassin’s Creed, Ubisoft compte 17 000 salariés dans le monde, dont 4 000 en France, où l’entreprise a été fondée en 1986 par la fratrie Guillemot. La gestion du groupe, dirigé par Yves Guillemot depuis ses débuts, est de plus en plus critiquée en interne.
Les difficultés s’accumulent
L’action Ubisoft a chuté à un niveau record jeudi après l’annonce de l’annulation de projets, comme le remake de Prince of Persia : les sables du temps, la fermeture d’un studio et une révision à la baisse de ses prévisions financières. L’entreprise a également dévoilé une profonde réorganisation, qui débutera à partir d’avril, afin de se relancer. Elle s’accompagne d’un plan de réduction des coûts d’au moins 200 millions d’euros sur deux ans et une perte opérationnelle prévue à un milliard d’euros pour l’exercice en cours, qui se clôt à la fin de mars.
Ubisoft, autrefois considéré comme l’un des éditeurs de jeux vidéo les plus plébiscités et influents du secteur, a subi une série de revers ces dernières années. L’entreprise a enchaîné des contre-performances commerciales sur des jeux très attendus, comme Avatar : Frontiers of Pandora et Star Wars Outlaws, dans un marché de plus en plus concurrentiel. Il a aussi connu de fortes difficultés pour diversifier son catalogue.
L’éditeur français a ainsi fermé plusieurs de ses studios à l’étranger, notamment à San Francisco (Etats-Unis), Osaka (Japon), Leamington Spa (Royaume-Uni), Stockholm (Suède) et Halifax (Canada).
En octobre 2025, il s’est également associé à Tencent pour créer une nouvelle filiale, Vantage Studios, regroupant ses franchises les plus iconiques (Assassin’s Creed, Far Cry et Rainbow Six) afin d’obtenir de la trésorerie de la part du géant chinois des télécommunications et des nouvelles technologies, qui en détient désormais 25 %.











