- Le quintuple Ballon d’Or a quitté le rassemblement du Portugal, mercredi 30 septembre.
- Le joueur d’Al-Nassr dit avoir pris cette décision après une « conversation avec le président de la Fédération portugaise de football » et « dira la vérité en temps voulu » sur les raisons ayant entraîné son départ.
- On fait le point sur une polémique qui a enflé en l’espace de quelques jours.
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Les secousses se multiplient du côté de la sélection portugaise. Le meilleur joueur de l’histoire de la Seleçao a quitté prématurément le rassemblement de son équipe nationale, mercredi 30 septembre. « Après la conférence de presse du sélectionneur national, et à la suite d’une conversation avec le président de la Fédération portugaise de football, j’ai pris la décision de quitter le stage de la sélection nationale »
, écrit Cristiano Ronaldo sur son compte Instagram. « En temps voulu, je dirai la vérité à tous les Portugais sur les raisons qui ont motivé mon départ »
, ajoute « CR7 ».
La sœur de l’ancien joueur du Real Madrid, Elma Aveiro, a dénoncé l’attitude de la presse, de la sélection et de la population portugaise, qu’elle juge « envieuses, méprisantes et ignorantes »
. Mais alors, comment expliquer que la situation a, à ce point, dégénéré ?
Des critiques de plus en plus récurrentes sur sa présence en sélection
Pour comprendre la situation actuelle, il faut remonter légèrement dans le temps. Depuis de longs mois, la présence de Cristiano Ronaldo divise au Portugal. Si le buteur reste dans une forme physique exceptionnelle du haut de ses 41 ans, son rendement a lui commencé à (nettement) décliner. Plus limité dans ses déplacements et ses sprints à haute intensité, le quintuple Ballon d’Or , qui a longtemps fait des ravages par sa vitesse et ses dribbles, est aujourd’hui devenu un joueur de surface, un maillon de fin de chaîne chargé de terminer les actions. « CR7 », qui n’a jamais été un joueur extrêmement travailleur, pénalise aussi le travail du collectif sans ballon.
Dans ce contexte, la légende aux 146 buts en 234 sélections – deux records dans le football international masculin – fait l’objet de critiques récurrentes, lesquelles sont amplifiées par les résultats collectifs décevants des dernières années.
« CR7 » s’est échauffé contre la Norvège, sans rentrer en jeu…
Revenons-en à la crise(tiano) actuelle. L’ancien joueur de Manchester United et du Real Madrid, qui a « envisagé de quitter l’équipe nationale »
, a finalement choisi de rempiler après un Mondial décevant. Il est donc arrivé lors de cette trêve internationale avec la certitude « de pouvoir aider la sélection à atteindre ses objectifs »
. Et accessoirement, d’aider la Fédération, qui a signé plusieurs contrats juteux grâce à lui, à continuer de remplir ses caisses.
Mais après une première sortie délicate contre le pays de Galles (1-0), lors de laquelle il a multiplié les gestes de nervosité et manqué d’efficacité, Cristiano Ronaldo a été cloué sur le banc contre la Norvège (2-1), en Ligue des nations. Envoyé à l’échauffement, il n’est pas rentré en jeu – une première pour lui en compétitions officielles sur la scène internationale depuis l’Euro 2008. Loin d’être ravi, l’intéressé a filé directement aux vestiaires après le coup de sifflet final, malgré la victoire des siens. Cet épisode a mis le feu aux poudres et suscité la colère de la star lusitanienne.
Une réunion pour tenter d’apaiser la situation, mais…
Le début de semaine s’est ensuite déroulé dans un climat de défiance de part et d’autre. Alors que la presse évoquait un entraînement séché mardi, le sélectionneur portugais Jorge Jesus a assuré que son joueur s’était contenté d’exercices individuels de « mobilisation »
et de « renforcement »
physique.
S’en est suivi une conversation entre quatre murs entre le technicien et son capitaine, ainsi que le président de la Fédération. Au cours de cette discussion, « Jorge Jesus s’est excusé d’avoir fait s’échauffer Cristiano pendant 30 minutes sans entrer »,
révèle le journaliste espagnol Edu Aguirre dans l’émission El Chiringuito, connu pour sa proximité avec le buteur portugais. « Et non seulement il a demandé pardon en privé, mais il a dit qu’il le demanderait aussi publiquement »
, ajoute-t-il. Tous les protagonistes sont sortis de cette réunion avec des impressions positives, et l’espoir de désamorcer la situation.
Pourtant, dès le lendemain, la conjoncture s’est de nouveau dégradée. L’entraîneur a d’abord affirmé qu’il n’y avait eu « aucun incident »
. Puis, lors de la conférence de presse, il a indiqué que Cristiano Ronaldo ne serait pas titulaire contre le Danemark. « Si tout se passe normalement, c’est Gonçalo qui va jouer. Si j’ai besoin de lui, il entrera. Si je n’ai pas besoin de lui, il n’entrera pas. Aucun joueur ni aucun président ne pourra changer ma façon de penser le football »
, a-t-il tonné. Une sortie aux antipodes de ce qui avait été convenu la veille qui a suscité l’ire du natif de Funchal. « Jorge Jesus dit en privé qu’il présentera ses excuses lors de la conférence de presse. Puis il va parler à la presse et dit qu’il est le chef et que Cristiano n’est qu’un joueur comme un autre. C’est pour ça que Cristiano explose, parce qu’il se sent trahi »
, analyse Edu Aguirre.
La suite, on la connaît. L’emblématique N.7 a fait venir son jet privé jusqu’à Copenhague, puis a quitté le rassemblement de la sélection. De son côté, la Fédération portugaise de football a officialisé le départ de « CR7 », précisant qu’aucun remplaçant ne serait appelé. « Toute la délégation reste pleinement concentrée sur les prochains engagements de l’équipe nationale »
, conclut ce court texte. Reste désormais à savoir si l’on vient de vivre le point final de Cristiano Ronaldo avec la Seleçao ou si les deux parties parviendront à renouer le dialogue pour offrir une sortie digne de ce nom à la légende.