- Bordeaux et Libourne ont actionné ce mercredi leur plan communal de sauvegarde (PCS) face au risque de crue lié à la tempête Pedro.
- Ce dispositif permet notamment au maire d’organiser l’alerte, la mise à l’abri et la protection des habitants.
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La France sous la pluie, des crues majeures dans l’ouest
C’est un outil parfois méconnu dont peuvent faire usage les mairies face aux pluies et crues torrentielles (nouvelle fenêtre) des derniers jours. À Libourne (Gironde), Saumur (Maine-et-Loire), ou encore Bordeaux, où cela n’était pas arrivé depuis 1999, les élus ont activé leur plan communal de sauvegarde (PCS), un outil dont le nom revient lors d’événements exceptionnels, qu’ils soient météorologiques ou non. TF1info vous explique.
Selon le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), qui relève du ministère de la Transition écologique, le plan communal de sauvegarde, plus connu sous le sigle PCS, ou sa variante intercommunale lorsque plusieurs villes décident de coordonner leur réponse, « constitue un relais entre les politiques locales de prévention des risques et celles de gestion des situations de crise »
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Autrement dit : il ne sert pas à prévoir la météo (nouvelle fenêtre), ni à empêcher la crue, des responsabilités qui reviennent à Météo-France et aux services de l’État, mais à structurer la réaction de la ville lorsque le danger est là.
Que prévoit-il ?
En premier lieu, le PCS prévoit le « regroupement de l’ensemble des documents communaux liés à l’information préventive et à la protection de la population »
, explique le Cerema. Il donne également au maire le pouvoir de prendre des mesures immédiates de sauvegarde (nouvelle fenêtre) : cela passe par l’organisation de l’alerte et des consignes de sécurité, le recensement des moyens disponibles et les dispositifs d’accompagnement et de soutien de la population.
Très concrètement et dans le cas des crues actuelles, cela permet notamment d’anticiper les évacuations, de fermer préventivement certains équipements, d’ouvrir des gymnases pour accueillir des habitants ou de coordonner les services municipaux.
Des mesures mises en place à Bordeaux, où le maire, Pierre Hurmic, a fait le choix d’annuler des marchés et des événements sur les quais, de fermer un certain nombre de crèches et de parcs situés dans les zones exposées, et de placer les sans-abris et les habitants menacés dans des gymnases. À Libourne, des sacs doivent notamment être distribués pour protéger les habitations et les caves viticoles, alors que la ville girondine s’attend à dépasser le niveau de crue connu en 1999.
Un maire a-t-il l’obligation de l’activer ?
Le PCS n’est imposé par la loi que dans les communes exposées à des risques majeurs (nouvelle fenêtre) identifiés par l’État. La préfecture de Seine-Maritime rappelle ainsi qu’il est « obligatoire »
pour les communes couvertes par un plan de prévention des risques naturels ou miniers, situées dans un territoire à risque important d’inondation, concernées par un plan particulier d’intervention autour d’un site industriel sensible ou encore exposées aux incendies de forêt.
Même lorsqu’il n’est pas obligatoire, sa mise en place est toutefois fortement conseillée. La loi dite « MATRAS » de 2021 a d’ailleurs renforcé le rôle des PCS et des plans intercommunaux de sauvegarde pour mieux coordonner entre la commune et les services de l’État les réponses en cas d’événement majeur.
Événements dont le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, rappelait ce mercredi matin, lors des questions au gouvernement, qu’ils allaient à l’avenir être « plus fréquents, plus importants et plus douloureux pour les Français »
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