Aux Etats-Unis, Blue Moon, de Richard Linklater, est sorti le vendredi 17 octobre 2025, dix jours après Nouvelle Vague, du même auteur. En Europe, Blue Moon, tourné à l’été 2024 dans un studio de Dublin, a été présenté à la Berlinale en février 2025, pendant que Nouvelle Vague, tourné au printemps 2024 dans les rues de Paris, concourait pour la Palme d’or à Cannes, en mai 2025. Cet entrelacs chronologique laisse deviner un diptyque, hypothèse que la sortie française de Blue Moon sur les plateformes de vidéo à la demande permet de vérifier, avec délice.
Comme Nouvelle Vague – qui mettait en scène le tournage d’A bout de souffle (1960) à la manière de Godard –, Blue Moon prend pour matière première le processus créatif. Délibérément bavard, tourné dans un décor unique propre à susciter la claustrophobie, le film prend son prédécesseur à revers. Au lieu des premiers pas d’un artiste de génie, Linklater met en scène le râle d’agonie d’un créateur épuisé, Lorenz Hart (1895-1943), parolier fameux sur Broadway, auteur des textes de centaines de classiques composés par Richard Rodgers, à commencer par celui qui donne son titre au film. Plutôt que la renaissance d’un art – le cinéma français –, il évoque la normalisation d’une forme – la comédie musicale américaine –, et les efforts désespérés d’un artiste pour lutter contre le courant.
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