Dans le cinéma, le public ne s’en aperçoit pas, mais des dissensions surviennent inexorablement entre exploitants de salles et distributeurs de films. La vocation des premiers consiste à offrir la palette la plus large de films au public, pour maximiser les chances de faire des entrées. Les seconds cherchent à améliorer l’exposition des films qu’ils défendent en obtenant les meilleures séances. « Ce sont deux visions différentes, chacun joue sa partition, ce qui peut conduire à des tensions. Il y en a depuis que le cinéma existe », constate Richard Patry, exploitant et président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF).
Les divergences sont suffisamment tangibles pour que le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) joue les casques bleus. Son président, Gaëtan Bruel, a mis en place, en mai 2025, un comité de concertation composé à parité d’exploitants et de distributeurs. Sept dans chaque camp, représentant, d’un côté, des grands groupes de distribution comme Warner ou Metropolitan et des indépendants comme Ad Vitam ou Jour2Fête, et, de l’autre, des exploitants issus de multiplexes comme UGC et Pathé, de la « moyenne exploitation » et des salles d’art et d’essai plus pointues. Pour corser l’affaire, les désaccords peuvent aussi avoir lieu de manière endogène, entre les salles elles-mêmes ou entre distributeurs.
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