L’explosion a fait sursauter toute la famille. « Les fenêtres ont tremblé et les enfants pleuraient à cause des avions qui tournaient dans le ciel », lâche Oum Ali en tirant calmement sur sa cigarette. Aux alentours de minuit, dans la nuit de mardi 25 à mercredi 26 février, douze véhicules blindés israéliens surmontés de mitrailleuse ont pénétré dans le village d’El-Bakkar au sud de la Syrie, pour faire exploser un dépôt de munitions et de missiles abandonnés par l’armée syrienne à la chute de Bachar Al-Assad.
« On en a fini avec Bachar mais il faut que les Israéliens débarquent », fulmine la cheffe de famille emmitouflée sur sa terrasse éblouie d’un soleil d’hiver. Au loin, derrière les collines, une enfilade d’éoliennes marque la frontière israélienne. « On vit à côté d’eux. On a peur qu’ils nous fassent partir de chez nous. Le droit à la terre, ça, ils ne connaissent pas. Nous refuserons tout plan israélien de diviser la Syrie », poursuit-elle en référence aux dernières menaces du premier ministre israélien.
Dimanche 23 février, Benyamin Nétanyahou a réclamé « la démilitarisation complète du sud de la Syrie dans les provinces de Kuneitra, Deraa et Souweïda ». Quarante-huit heures plus tard, simultanément au raid mené dans le village d’El-Bakkar, des avions israéliens ont bombardé deux sites militaires dans la banlieue de Damas et la province de Deraa. Ces frappes, qui ont fait au moins deux morts parmi la nouvelle armée syrienne, viennent s’ajouter à des centaines d’autres menées par l’Etat hébreu à travers le pays depuis la prise de Damas par la coalition rebelle emmenée par les islamistes de Hayat Tahrir Al-Cham (HTC).
Vent de colère
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