L’AVIS DU « MONDE » – A VOIR
Voilà plus de dix ans – depuis Au revoir l’été (2014) – que l’œuvre sinueuse de Koji Fukada est distribuée en France, procédant à une dissection au scalpel de la société japonaise. Ses films sont rarement parfaits, travaillés de l’intérieur par une rage froide qui les fait souvent déraper, mais on ne peut nier l’acuité avec laquelle le cinéaste de 46 ans repère des problèmes, isole ses sujets, renouvelle ses dispositifs critiques : science-fiction robotique dans Sayonara (2017), invasion domestique dans Harmonium (2017), implosion familiale dans Love Life (2023).
Son dernier long-métrage, Love on Trial, se penche cette fois sur le phénomène des « idols », ces groupes de chanteuses adolescentes à costumes (il en existe aussi un pendant masculin), formatés pour le succès autour d’une pop sucrée et de chorégraphies analogues. Inspiré de divers procès qui ont secoué le secteur ces dernières années, le film s’intéresse surtout au cadre légal abusif qui sous-tend cette fabrique du fantasme, à destination d’un public captif et fanatisé, majoritairement constitué d’hommes célibataires.
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