Ils sont plongeurs ou commis de cuisine et travaillent pour un grand nom de la gastronomie française : Georges Blanc. Ce chef, fait grand officier dans l’ordre national du Mérite par Emmanuel Macron en 2024, possède plusieurs établissements dans l’Ain, à Vonnas. Trois hôtels, un spa, un Relais & Châteaux qui accueille des séminaires et, surtout, le restaurant le plus anciennement étoilé au monde sans discontinuité. Il affiche deux étoiles au guide Michelin et cultive la valeur du « terroir ». On y mange de la poularde de Bresse contisée de truffe noire, du homard, et on peut se laisser tenter par une cave de 140 000 bouteilles. La clientèle est priée d’arborer « une tenue élégante ».
C’est dans cet écrin de luxe et de renommée que Djibril, Adama, Mamadou, Amara, Bakary, Harouna, Hadibou et Boubou (ces personnes citées par leur prénom ont souhaité conserver leur anonymat) officient depuis plusieurs années comme employés, la plupart logés sur place. Ces hommes, tous maliens à l’exception d’un ressortissant sénégalais, sont aussi sans papiers. Et lundi 2 mars, sept d’entre eux sont convoqués à un « entretien préalable à une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement pour faute grave », après avoir été mis à pied. Leur patron n’a pourtant « rien à leur reprocher », selon Laurent Rival, directeur exécutif du groupe Georges Blanc.
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