Le maire Rassemblement national (RN) de Fréjus, David Rachline, ex-figure centrale du parti récemment mis à l’écart, a annoncé mardi 27 janvier sa candidature pour les municipales de mars du tribunal correctionnel de Draguignan (Var), où il vient d’être relaxé dans un dossier de prise illégale d’intérêts.
« Je me bats depuis plusieurs mois pour défendre mon honnêteté, ma probité. Aujourd’hui, elle est clairement avérée. Et j’en suis très heureux. C’est dans ce cadre, d’ailleurs, que je me lance dans cette campagne électorale, de la manière la plus sereine qu’il soit », a-t-il annoncé à la presse en sortant de la salle d’audience.
L’élu de 38 ans avait fait le déplacement pour entendre le jugement, rendu à moins de deux mois des municipales. En septembre, il sera à nouveau jugé, pour favoritisme cette fois-ci.
Le parquet avait requis une amende de 30 000 euros, dont 20 000 euros avec sursis et l’affichage de la condamnation en mairie, requérant que la peine complémentaire d’inéligibilité soit limitée à un an, voire assortie du sursis, et sans exécution provisoire. Il a dix jours pour faire éventuellement appel.
« Il n’y a rien de caché »
L’édile était poursuivi pour les conditions de sa nomination à la tête de deux sociétés d’économie mixte, Fréjus Aménagement et Gestion du port de Fréjus, des postes qui lui ont permis de toucher une rémunération supplémentaire d’environ 1 000 euros par mois en moyenne. La justice lui reprochait d’avoir influé sur les délibérations du conseil municipal où ses nominations ont été validées, entre 2017 et 2020, en restant présent lors des votes qui ont eu lieu le plus souvent à main levée.
« Je n’ai jamais voulu faire de pression particulière », avait assuré à l’audience le 30 septembre le maire, expliquant qu’il faisait alors confiance au directeur des services de la mairie pour lui signaler les délibérations où il devait quitter la salle. « Tout est public, il n’y a rien de caché », avait-il ajouté, assurant avoir toujours agi « uniquement dans l’intérêt de Fréjus ».
David Rachline et une poignée de collaborateurs, anciens ou actuels, sont convoqués le 22 septembre devant ce même tribunal correctionnel. Ils sont soupçonnés d’avoir favorisé la société de sécurité d’un proche du maire dans l’attribution de marchés publics pour la sécurité de la mairie, de l’office de tourisme ou encore du centre de vaccination contre le Covid-19.
Conseiller municipal à 20 ans, maire et sénateur à 26, directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017, M. Rachline a vu son étoile pâlir au sein du parti d’extrême droite avec la sortie, à la fin de 2023, du livre Les Rapaces, de Camille Vigogne Le Coat, attaque virulente de divers aspects de son action assortie d’accusations d’arrangements avec un puissant entrepreneur local de BTP.
De « pures inventions », répète M. Rachline, qui poursuit la journaliste en justice. Le Parquet national financier (PNF) a ouvert une enquête pour corruption.







