- Le candidat Horizons à l’élection présidentielle explique ce mardi dans une vidéo d’une vingtaine de minutes son programme pour les retraites.
- Édouard Philippe plaide pour un allongement progressif de la durée de cotisation à 45 ans et de l’âge de départ à 65 ans.
- « Un Français sur trois pourra partir avant 65 ans, entre 60 et 64 ans », précise-t-il.
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Alors qu’il a du mal à décoller dans les sondages et à imposer ses thèmes dans l’actualité, Édouard Philippe tente ce mardi 29 septembre de mettre les retraites sur le devant de la scène. Dans une vidéo d’une vingtaine de minutes publiée sur YouTube (nouvelle fenêtre) et intitulée « Retraites : pourquoi je propose de travailler jusqu’à 65 ans », le candidat Horizons à l’élection présidentielle développe son programme. Il propose un allongement progressif de la durée de cotisation à 45 ans et de l’âge de départ à 65 ans. « Il faut qu’on prenne les bonnes décisions avant que la crise (financière) arrive »
, veut-il convaincre.
« Pour retrouver l’équilibre de notre système par répartition, je propose de porter progressivement la durée de cotisation à 45 ans et l’âge de départ à 65 ans pour les Français qui le peuvent »
, explique-t-il. « On va reprendre la réforme de 2023 (suspendue en 2025, ndlr) qui plaçait l’âge légal de départ et la retraite à 64 ans au lieu des 62 et 9 mois aujourd’hui et qui plaçait la durée de cotisation à 43 ans au lieu de 42,5 aujourd’hui. Ensuite, on va poursuivre pour qu’en moins de 10 ans, nous soyons passés à 65 ans pour l’âge légal de départ, et 45 annuités »
, détaille le maire du Havre.
Il précise par ailleurs qu’un Français sur trois y échappera. Assurant que sa réforme sera « responsable pour tous et juste pour chacun »
, il estime qu’« une règle juste »
doit « tenir compte des vies auxquelles elle s’applique »
, citant « ces femmes et ces hommes qui ont commencé à travailler très jeune, ou qui exercent des métiers pénibles, ou dont le corps ne suit plus parce que le travail les a usés »
. « C’est pourquoi, dans la réforme que je suppose, un Français sur trois pourra partir avant 65 ans, entre 60 et 64 ans. »
Aussi, « l’âge de la retraite des personnes en mauvaise santé n’évoluera pas »
, précise Édouard Philippe. « Il restera à 55 ans pour les personnes en situation de handicap, à 60 ans pour des personnes avec incapacité permanente et à 62 ans pour ces personnes en invalidité. (…) Et les dispositifs de carrière longue continueront de permettre des départs anticipés à celles et ceux qui ont commencé à travailler tôt selon leur parcours. »
Un « volet capitalisation » pour compléter le système par répartition
Il propose de « compléter »
le système par répartition, « qui doit rester le socle de notre système »
, « par un volet capitalisation »
. « Grâce à cela, tous les salariés seront associés à la valorisation du capital. Et c’est comme ça qu’on réconcilie le travail et le capital et qu’on en fait bénéficier chacun. »
Le maire du Havre assure par ailleurs vouloir faire « une vraie place à la négociation entre les partenaires sociaux »
, qui « auront toutes leurs places indispensables pour définir l’équilibre du système »
. Il prend « un autre engagement : une fois que nous aurons remis notre système à l’équilibre, je confierai totalement sa gestion aux partenaires sociaux. Ils en assureront la gestion quotidienne, responsable, grâce à une règle d’or d’équilibre »
.
Dire qu’il faut travailler plus longtemps n’est pas très populaire en France
Dire qu’il faut travailler plus longtemps n’est pas très populaire en France
Édouard Philippe
Édouard Philippe a-t-il changé d’avis sur ce sujet, lui qui est présenté par ses adversaires comme l’homme de la « retraite à 67 ans »
depuis un entretien en 2021 dans lequel il évoquait un relèvement de l’âge de départ à « 65, 66, 67 ans »
? Il reconnaît en tout cas que « dire qu’il faut travailler plus longtemps n’est pas très populaire en France »
, mais « je veux protéger les Français »
. Une critique en creux au projet sans âge légal de départ de Gabriel Attal, « financièrement intenable et surtout socialement incroyablement injuste »
.
Son annonce intervient sur fond de hausse des prix des carburants et alors que le gouvernement s’apprête à dévoiler sa copie budgétaire. Et dans un contexte où les candidats du bloc central, Édouard Philippe et Gabriel Attal, sont sans dynamique dans les sondages, le maire du Havre ayant néanmoins l’avantage sur le patron de Renaissance.

