- Une trentaine de scientifiques missionnés par le CNRS ont plongé dans l’Atlantique pour ausculter des fûts de déchets radioactifs immergés il y a plusieurs décennies.
- Si un signal « assez significatif » a été détecté dans des sédiments, ils ont écarté tout danger pour l’être humain.
- Les images de cette incroyable expédition sont à découvrir dans ce reportage du 13H.
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Le 13H
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C’est une longue descente dans les abysses, à un millier de kilomètres des côtes françaises. Tout au long du mois de juin, une trentaine de scientifiques ont ausculté (nouvelle fenêtre) d’étranges épaves gisant à plus de 4.700 mètres de fond dans l’océan Atlantique Nord-Est.
Ces objets ? Plus de 200.000 fûts de déchets radioactifs, noyés dans les profondeurs par plusieurs pays entre 1950 et 1990. Pour aller les observer, le projet Nodssum (nouvelle fenêtre), porté par le CNRS en collaboration avec l’Ifremer, l’institut de référence en sciences et technologies marines, l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) et plusieurs partenaires, a mobilisé le Nautile, sous-marin habité de la Flotte océanographique française.
Deux constats ont d’emblée marqué les chercheurs. « En premier lieu, l’état des barils, qui est très dégradé »
, détaille Javier Escartín, directeur de recherche au CNRS, dans le reportage du 13H visible en tête de cet article. « Un autre aspect qui nous a surpris, c’est l’état de colonisation par des animaux, par les écosystèmes marins profonds, de ces barils. Et ça attire la vie, donc on trouve des anémones, des crabes… »
Pas de danger pour l’humain
Mais plusieurs décennies plus tard, retrouve-t-on encore des traces radioactives (nouvelle fenêtre) sur ces déchets ? « Des organismes que nous avons pu prélever, c’est-à-dire des anémones, des concombres de mer et autres poissons, nous n’avons pas détecté, avec les outils de bord, de radioactivité spécifique »
, explique Patrick Chardon, chercheur au CNRS. En revanche, sur tout ce qui est sédiments, les fractions de déchets qui sont sorties des fûts, nous avons un signal qui peut être assez significatif »
.
Surtout, les scientifiques se veulent rassurants pour les populations. Pour le chercheur, ces résultats, « à l’échelle humaine, ne présentent pas de danger »
. « Nous sommes dans un contexte de grandes profondeurs, avec un apport très fort de dilution lié à l’océan. »

Reste une inconnue de taille : l’effet réel de ces fûts sur la vie des grands fonds. Les analyses des échantillons et des images se poursuivront en laboratoire dans les prochains mois, pour mieux comprendre comment la radioactivité se disperse dans l’océan profond. Les chercheurs veulent notamment déterminer si des modifications génétiques ont pu s’opérer sur les espèces vivant au contact des déchets.









