- À Saint-Sévère-sur-Indre, une petite commune de 800 habitants, une famille avait décidé de se lancer dans un étrange business : le trafic de cannabis.
- Un système resté modeste mais qui a tout de même fonctionné pendant trois ans.
- Les indélicats se sont tout simplement servis de La Poste et de casiers de livraison.
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Le 20H
Qui aurait cru que dans le petit village de Saint-Sévère-sur-Indre (Indre), une famille était à la tête d’un trafic de drogue. Une commerçante n’en revient toujours pas. « Dans un petit village comme ça, à moins de 800 habitants, c’est quand même surprenant »
, lance-t-elle dans le reportage ci-dessus. Une riveraine, elle, semble douter tant la nouvelle semble énorme. « C’est un village qui est calme, on se connaît tous, donc c’est bizarre. La source est sûre ? »,
interroge-t-elle.
Dans les très petits villages, il n’y a pas de quoi soutenir un réseau organisé de grande taille. Et donc on a des dealers opportunistes
Dans les très petits villages, il n’y a pas de quoi soutenir un réseau organisé de grande taille. Et donc on a des dealers opportunistes
Emmanuelle Auriol, professeure à la Toulouse School of Economics
On ne peut plus sûre. Ce sont en effet les gendarmes, bien informés, qui ont découvert le pot-aux-roses. En début de semaine, ils interpellent une femme de 28 ans, son frère et ses parents. Chez eux, ils mettent la main sur près de 10 kilos de résine et de fleurs de cannabis. Pour passer sous les radars, la jeune femme, au cœur du trafic, s’était bien organisée. Elle allait se fournir en Espagne. Et pour éviter les contrôles sur la route, à la frontière, elle recevait la marchandise par colis dans un casier en libre-service sur le parking du supermarché de sa commune. « Pour elle, c’était de pouvoir utiliser ce côté un petit peu anonyme en utilisant des faux noms. Vous pouvez y aller H24, le jour, la nuit, et puis vous n’avez pas entre guillemets le guichetier ou le commerçant qui vous remet »
, explique le colonel Marc Peter, commandant de la section de recherches à la gendarmerie de Bourges.
Ces casiers en libre-service étaient au centre d’un trafic qui a duré trois ans. La jeune femme vendait sa marchandise sur les réseaux sociaux, puis réexpédiait la drogue avec la même méthode à ses clients basés en France, en Norvège et en Italie. Son frère et ses parents sont soupçonnés d’avoir assuré une partie de la logistique. « Dans les très petits villages, il n’y a pas de quoi soutenir un réseau organisé de grande taille. Et donc on a des dealers opportunistes. Le marché est florissant »
, souligne Emmanuelle Auriol, professeure à la Toulouse School of Economics.
Pour avoir organisé le transit de près de 150 kilos de cannabis, la dealeuse vient d’être condamnée à trois ans de prison ferme. Son frère et ses parents n’ont pas encore été entendus par le juge.








