« Lundi, c’est possible qu’on aille déposer notre enfant à l’école, et qu’ils ne le prennent pas. » Les parents de Wassim (tous les prénoms ont été modifiés à la demande des familles) ont peur que leur petit garçon ne soit pas accepté en CP s’il n’a pas un accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH). « Il est épileptique et, en cas de crise, il peut tomber dans les escaliers, dans les toilettes… il doit être accompagné tout le temps. Avec ses traitements, il tremble légèrement et c’est difficile pour lui d’écrire. » La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) a accordé à Wassim le droit à une aide individuelle pour vingt heures par semaine, mais il n’en a pas eu durant l’année scolaire 2024-2025. « C’est discriminatoire. Dès lundi, on est prêts à faire un recours au tribunal administratif s’il le faut », assure son père.
A la rentrée, de nombreux parents s’inquiètent de savoir si leur enfant aura bien accès à une AESH (ce sont souvent des femmes) pour compenser les difficultés de ce dernier. Selon l’éducation nationale, sur les 520 600 élèves en situation de handicap accueillis à l’école, 355 260 bénéficient d’un droit pour un accompagnement humain, notifié par les MDPH. En réponse, 140 000 AESH ont été recrutées, pour 89 000 équivalents temps plein. Un effort considérable (en hausse de 67 % depuis 2017) qui ne suffit pas à couvrir les besoins. Les deux tiers des accompagnantes sont désormais mutualisées entre plusieurs élèves. Les AESH individualisées ne sont pas toujours aussi présentes que les durées demandées (six, douze, vingt heures). Voire absentes.
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