« Aujourd’hui, je continue d’utiliser les mêmes méthodes de travail, je n’en ai pas changé. » Auditionné par la cour d’assises de Versailles, le gardien de la paix Laurent M. n’avait pas l’intention de faire profil bas mardi 24 mars. Comme le brigadier-chef Harry S., son ancien collègue de la brigade anticriminalité de nuit de Paris (BAC75N), il était entendu en qualité de témoin au procès pour « homicide volontaire » de Gilles G.. Ce gardien de la paix est poursuivi pour avoir tué Olivio Gomes, 28 ans, au volant de sa voiture le 17 octobre 2020 à Poissy (Yvelines).
Pour cette troisième journée d’audience, la cour a notamment entendu les quatre seuls témoins de la mort du père de trois enfants. Laurent M. et Harry S., chauffeur et chef de bord du véhicule où se trouvait Gilles G.. Puis Oualid T. et Sami B., passagers de la Clio d’Olivio Gomes, qui se sont constitués parties civiles.
Les deux policiers, malgré quelques perches tendues par les parties civiles, se sont montrés sûrs de leur bon droit, sans doute ni remords.
« Il y a eu 26 000 refus d’obtempérer en France en 2020, a rappelé Mandine Blondin, avocate des deux passagers, mais ce refus-là, il s’est terminé par la mort d’un père de famille de 28 ans, il n’y a pas quelque chose qui ne s’est pas passé comme il fallait ?
– Malheureusement, elle ne va pas vous satisfaire, a prévenu Laurent M., mais la seule réponse que je peux avoir, c’est que Gomes aurait pu s’arrêter.
– Donc il est mort à cause de lui ?
– Il est mort à cause de son comportement. »
« Bien sûr, la BAC fait de la circulation »
Son collègue Harry S., plus en rondeur, a défendu ses choix de chef de bord et s’est mouillé pour Gilles G.. Guidé par l’avocat de ce dernier, Laurent-Franck Lienard, le brigadier-chef a assuré qu’à la place de son ancien collègue, il aurait fait feu, à plusieurs reprises, de la même façon.
Oualid T., proche ami de la victime, se trouvait sur le siège passager de la Clio. Il a pris l’initiative d’évoquer « sa part de responsabilité » : « Un bon ami aurait dû lui dire de ne pas prendre la voiture alors qu’il avait bu. » Reconnaissant également qu’Olivio Gomes avait commis des erreurs, il a évoqué, ému, son souhait que « justice soit faite pour la famille d’Olivio, et qu’on reconnaisse que leur fils n’a pas été tué parce qu’il avait commis quelque chose qui méritait de mourir ».
Il vous reste 65.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.









