Donald Trump a annoncé vendredi 4 avril qu’il reportait de soixante-quinze jours la date limite pour la vente du réseau social chinois TikTok. L’échéance est désormais fixée au 19 juin. A la fin de janvier, le président américain avait déjà reporté une première fois l’entrée en vigueur d’une loi votée en 2024 par le Congrès, qui impose à la maison mère du réseau social, ByteDance, d’en céder le contrôle sous peine d’interdiction aux Etats-Unis.
Ce texte visait à empêcher que Pékin puisse mettre la main sur des données personnelles d’utilisateurs de TikTok aux Etats-Unis, ou soit en mesure d’influencer l’opinion américaine par le biais du puissant algorithme du réseau social, même si aucun élément n’a jamais été produit pour justifier ces craintes.
La cession nécessite le feu vert de ByteDance, mais aussi des autorités chinoises, or ni l’un ni les autres n’ont validé l’idée même d’une vente. « Nous espérons poursuivre, dans un esprit constructif, notre travail avec la Chine qui, de ce que j’entends, n’est pas ravie des droits de douane réciproques » imposés au pays, a écrit le chef de l’Etat dans un message posté sur son réseau Truth Social.
Investisseurs non chinois
Selon plusieurs médias américains, des discussions sont en cours, avec comme scénario principal la séparation de TikTok de sa maison mère. Les actionnaires de ByteDance se verraient alors confier des actions de cette nouvelle entité au niveau de leur participation actuelle dans le géant chinois.
Selon TikTok, environ 60 % du capital de ByteDance est aux mains d’investisseurs non chinois, ce qui reviendrait à ce que la plateforme vidéo ne soit plus contrôlée majoritairement par une entreprise chinoise, principale exigence du Congrès.
Si ce scénario l’emportait, il écarterait tout paiement et éviterait l’entrée au capital d’un ou plusieurs prétendants qui se sont manifestés pour racheter TikTok. Cette liste comprend le « Project Liberty » de l’entrepreneur Frank McCourt, propriétaire de l’Olympique de Marseille, le youtubeur MrBeast ou la start-up d’intelligence artificielle générative Perplexity AI. Ces derniers jours se sont aussi manifestés Amazon et Walmart, selon des médias américains.