Malaise chez les MAGA (« Make America Great Again »), baisse de popularité de Donald Trump, mauvais sondages pour les élections de mi-mandat… Tous ceux qui oscillent entre consternation, inquiétude et révolte au spectacle quotidien des dégâts qu’inflige le président américain à la marche du monde s’accrochent à chaque revers encaissé par le roi de la Maison Blanche. « Alors que le comportement devient de plus en plus indéfendable (…), un véritable retour de manivelle est en cours », croit Gideon Rachman, plume du Financial Times, en espérant que le règne de Donald Trump restera comme une « grotesque aberration plutôt que comme un changement durable ».
Alors qu’un noyau dur de 40 % d’électeurs continue de lui faire confiance et que les midterms, à l’automne, pourraient ressembler à une élection dans un pays autoritaire où un satrape exclut de perdre, personne ne sait vraiment à quoi ressembleront les Etats-Unis en 2028, terme du mandat présidentiel.
Déjà, pourtant, une lourde évidence est en train de s’imposer, notamment aux Européens : quelles que soient les vicissitudes à venir du trumpisme, les Etats-Unis ne sont plus la grande puissance stable et alliée aux valeurs critiquées, mais souvent admirées. « Nous savons que l’ancien ordre ne reviendra pas, a asséné le premier ministre canadien, Mark Carney, le 20 janvier, au Forum économique mondial, à Davos. Nous ne devrions pas le regretter. La nostalgie n’est pas une stratégie. »
Montagne de déception
Ce basculement historique a commencé à produire d’énormes effets sur les opinions publiques. La défiance envers les Etats-Unis ne cesse de croître, y compris parmi leurs plus proches alliés. Entre 2019 et 2025, la proportion de Canadiens considérant leur voisin comme la plus grande menace pour leur pays a bondi de 20 % à 59 % selon une enquête du Pew Research Center, publiée en juillet 2025. Une part qui monte à 68 % au Mexique, et à plus de 25 % en Argentine, au Brésil, en Indonésie et en Afrique du Sud. Les Espagnols se sentent menacés dans une proportion quasiment égale par la Russie et par les Etats-Unis. Selon un sondage du site Politico publié le 11 février, 44 % des Français, 50 % des Allemands et 57 % des Canadiens considèrent Washington comme un allié non digne de confiance.
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