Entouré d’enfants assis derrière des tables de classe, Donald Trump a voulu remplir une promesse de campagne, jeudi 20 mars, à la Maison Blanche. Il a signé un décret présidentiel organisant le sabordage – mais non la disparition – du ministère de l’éducation. Sa suppression complète réclamerait une super majorité (60 voix sur 100) au Sénat.
Pour l’heure, le président américain entreprend de dévitaliser cette administration, dont la moitié des effectifs a déjà été supprimée avec des plans de départs, en renvoyant une grande partie de ses prérogatives aux Etats. Du « bon sens », a-t-il assuré. Il s’agit surtout d’un marqueur idéologique au trait épais, qui ne risque pas de répondre aux problèmes réels de l’éducation américaine. Les prérogatives exactes qui passeraient du ministère aux Etats demeurent très incertaines.
Donald Trump a mis en avant les résultats médiocres des évaluations nationales au collège, citant plutôt en exemple « la Norvège, le Danemark et la Suède ». Le décret mentionne l’évaluation NAEP de cette année, selon laquelle 70 % des élèves de quatrième se situent sous le niveau de lecture courante en anglais, et 72 % sous celui de compétence requise en mathématiques. Mais il y avait deux angles morts dans sa présentation. Le président n’a jamais évoqué l’impact désastreux du Covid-19, qui a conduit à une fermeture des écoles pendant dix-huit mois, à des retards pédagogiques persistants et à des phénomènes de désocialisation chez de nombreux enfants. Au total, 186 milliards de dollars (171 milliards d’euros) ont été attribués au niveau fédéral pour répondre à cet impact de la pandémie.
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