La chorégraphie est convenue. Le président des Etats-Unis s’avance sous les vivats de ses troupes, après avoir été dûment annoncé par le sergent d’armes de la Chambre des représentants. Puis il assure que la situation du pays est bien meilleure depuis qu’il est aux affaires, salue la présence, dans les tribunes, des invités choisis pour illustrer son propos, pendant que son opposition fait savoir qu’elle pense rigoureusement le contraire.
Le discours sur l’état de l’Union, prononcé mardi 24 février par Donald Trump, a respecté la forme, sans dissiper une sourde inquiétude de fond. Cette dernière concerne autant les inconnues d’une nouvelle guerre contre l’Iran, dont il n’était absolument pas question il y a encore deux mois, que la consistance de la politique suivie par la Maison Blanche et la solidité des institutions des Etats-Unis. Un an après son retour, Donald Trump reste le président de l’instabilité et de l’incertain, mais de plus en plus à ses dépens, comme l’a déjà montré son recul concernant les méthodes brutales de la police des frontières.
Une attaque contre un régime iranien muré dans ses obstinations apparaît inévitable, compte tenu des moyens militaires massés à proximité des côtes iraniennes. Si elle intervient, ce sera sans que le Congrès ait eu son mot à dire, alors qu’il est le seul habilité par la Constitution à déclarer la guerre, et sans que les buts de celle-ci aient été définis et présentés au préalable à l’opinion publique américaine. Le peuple, dont on se gargarise à la Maison Blanche, est prié d’opiner sans avoir rien à redire. Avec Donald Trump, le « brouillard de guerre » devient la guerre à pile ou face, en fonction de l’instant.
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