- La justice suisse a ordonné, vendredi, la libération du propriétaire français du « Constellation ».
- Une décision qui a provoqué la colère des familles de victimes.
- Le bar de Crans-Montana a été ravagé par un incendie qui a fait 40 morts la nuit du Nouvel An.
Suivez la couverture complète
Drame à Crans-Montana : des dizaines de morts dans l’incendie d’un bar le soir du Nouvel An
Il était en détention provisoire depuis deux semaines. Jacques Moretti, patron du bar « Le Constellation » à Crans-Montana, ravagé par un incendie qui a fait 40 morts la nuit du Nouvel An, a été libéré, vendredi 23 janvier, après le versement d’une caution de 200.000 francs suisses (environ 215.000 euros) par « un de ses amis proches »
. Dans un communiqué, le tribunal du canton suisse du Valais a annoncé avoir imposé des « mesures de substitution »
destinées à « contrer le risque de fuite présenté par le prévenu »
.
En plus de la caution, le prévenu a interdiction de quitter le territoire helvétique et l’obligation de se présenter quotidiennement à un poste de police. Des « mesures classiques »
, selon le tribunal. Mais la décision a provoqué la colère des familles des victimes. La mère d’Arthur, 16 ans, qui a perdu la vie dans l’incendie, se dit sidérée et craint désormais que le patron et son épouse fassent pression sur les témoins.
« On se doutait bien qu’il n’allait pas passer des mois en prison car nous sommes au début d’une enquête. Par contre, les risques sont là depuis hier soir, mais bien sûr qu’ils vont s’accorder. Ils vont appeler d’autres personnes, ils vont appeler leurs employés pour s’accorder. Mais bien sûr que c’est difficile à concevoir qu’hier soir, il a mangé tranquillement autour de la table, alors que nous, parents, il y aura toujours une place vide autour de notre table »,
fustige-t-elle dans le reportage en tête de cet article.
Risque de collusion ?
Un reproche porté par les avocats des familles de victimes qui estiment que cette libération peut compromettre l’intégrité de l’instruction. « Sur le plan de l’enquête, mes clients relèvent qu’une nouvelle fois, il n’était mis aucune considération sur le risque de collusion et de disparition des preuves »,
avance Romain Jordan, avocat de plusieurs familles de victimes. L’indignation a même gagné l’Italie, dont sont originaires de nombreuses victimes, où le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a dit sur X « rester sans voix »
face à cette libération, qui selon lui « constitue un véritable affront aux sentiments des familles qui ont perdu leurs enfants »
.
Rappelant que « tout prévenu est présumé innocent »
jusqu’à une éventuelle condamnation, le tribunal a souligné que le « principe cardinal en procédure pénale suisse est que le prévenu reste en liberté jusqu’à son jugement »
. « La détention provisoire subie jusqu’à ce jour par le prévenu n’avait pas pour but de déjà le punir
« , a-t-il encore expliqué. De leur côté, les défenseurs du couple Moretti ont indiqué dans un bref communiqué que leurs clients « prennent toute la mesure de la décision rendue et des obligations qu’elle impose »
.








