Les survivants d’une meurtrière traversée illégale de la mer Méditerranée ont témoigné aux garde-côtes grecs, jeudi 26 mars, de la mort de 22 personnes sur la même embarcation. Si 26 personnes, dont une femme et un mineur, ont pu être secourues, les corps des autres passagers ont été jetés à l’eau sur ordre d’un passeur.
C’est un bateau de l’agence européenne des frontières Frontex qui est intervenue, jeudi, au large de l’île grecque de Crète, selon un bref communiqué des garde-côtes grecs, diffusé vendredi soir. L’embarcation se trouvait alors à 53 milles nautiques au sud de Ierapetra, ville du sud de la Crète.
Deux des survivants ont été transportés à l’hôpital d’Héraklion, chef-lieu de la Crète, selon la même source. Les garde-côtes ont ultérieurement précisé à l’Agence France-Presse (AFP) qu’il s’agissait de 21 Bangladais, d’un Tchadien et de quatre Sud-Soudanais, parmi lesquels la femme et le mineur.
Départ de Tobrouk
S’appuyant sur les déclarations des survivants, les garde-côtes grecs ont précisé que l’embarcation avait quitté le 21 mars la région de Tobrouk, ville portuaire de l’est de la Libye, à destination de la Grèce, porte d’entrée de nombreux migrants en quête d’asile dans l’Union européenne.
« Au cours du trajet, les passagers ont perdu leur orientation et sont restés en mer pendant six jours sans eau ni nourriture », poursuit le communiqué. Ces 48 personnes ont en outre subi « des conditions météorologiques défavorables » qui, ajoutées au manque de vivres et d’eau douce, ont « entraîné la mort par épuisement » des passagers, a expliqué un porte-parole des garde-côtes contacté par l’Agence France-Presse.
« Les corps de ces personnes mortes ont été jetés à la mer sur ordre de l’un des deux passeurs qui ont été arrêtés, selon les témoignages des rescapés », a-t-il ajouté. Il s’agit de deux hommes de 19 et 22 ans, de nationalité sud-soudanaise. Ils sont poursuivis notamment « pour entrée illégale dans le pays » et « homicides par négligence ».
Le nombre de migrants morts en tentant de rejoindre l’Union européenne a plus que doublé au cours des deux premiers mois de 2026 comparé à l’année dernière, a affirmé à la mi-mars Frontex. « Le coût humain » n’a « cessé d’augmenter », selon l’agence européenne.










