- La France devient de plus en plus une « société d’héritiers », déplore Catherine André, journaliste économie de LCI.
- Celle-ci accentue la crise du logement dont les premières victimes sont les classes moyennes.
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La Matinale
La crise du logement est alimentée par la concentration du patrimoine immobilier entre les mains d’une petite partie des Français. «
Les prix de l’immobilier
ont presque doublé depuis 20 ans »,
constate Catherine André, journaliste économie à LCI, samedi 30 août. Or, « les premières victimes sont les classes moyennes pour qui ça devient de plus en plus
inaccessible d’acheter
un logement »
, analyse-t-elle.
En outre, « l’envolée des prix a également nourri les écarts entre
ceux qui ont du patrimoine
et ceux qui n’en ont pas »,
précise-t-elle. Selon une étude de l’Institut Montaigne, datant du 27 août, 24% des Français détiennent 68% du parc de logements. « On se retrouve avec une France à deux vitesses, avec des Français qui paient beaucoup pour se loger et d’autres qui récoltent des revenus et des rentes très confortables »
, analyse l’experte.
Problème, cette situation va encore s’aggraver à l’approche de la période appelée la « Grande transmission ». « D’ici à 2040, il n’y a pas moins de 9000 milliards d’euros de patrimoine qui vont changer de main. Pourquoi ? Parce que les baby-boomers, progressivement, vont décéder et
transmettre leur patrimoine
à leurs descendants »,
expose-t-elle. « Le risque derrière, c’est de nouveau une explosion des inégalités, notamment dans le domaine du logement. Alors que, plus que jamais, hériter en France, c’est le moyen de s’enrichir »,
souligne Catherine André.
Il y a donc un problème de redistribution, notamment concernant les super héritages. Or, « les Français ont toujours des réactions viscérales quand on soulève l’idée d’augmenter l’impôt sur les successions »,
rappelle l’experte. Les politiques rechignent donc à s’attaquer à ce sujet, laissant perdurer la grande injustice.