- En Suède, la cheffe des sociaux-démocrates s’est dite prête à gouverner à l’issue des élections législatives de dimanche qui n’ont pas encore donné de vainqueur clair ce lundi matin.
- Le Premier ministre suédois sortant a estimé que la question de la couleur politique du gouvernement qui sera formé « reste ouverte ».
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La Suède a vécu une nuit électorale pleine de rebondissements, comme le pays nordique en a l’habitude. Il y a d’abord eu les rugissements des sociaux-démocrates, lors de la publication des premiers sondages de sortie des urnes. Les médias suédois donnaient alors une nette avance à Magdalena Andersson, 59 ans, qui rêve d’un retour à la tête du gouvernement depuis qu’elle a quitté le pouvoir en 2022, ainsi qu’un net recul de l’extrême droite alliée de la coalition au pouvoir. À l’annonce des résultats, ses partisans ont commencé à s’enlacer tout sourire, en buvant une coupe de mousseux, ou une bière. Mais cet écart a depuis fondu comme neige au soleil.
« Nous, les sociaux-démocrates, nous serons toujours prêts à prendre nos responsabilités (…) pour l’instant, nous sommes en tête. Et si cela se confirme, alors la Suède aura un nouveau gouvernement »,
a lancé Magdalena Andersson à ses supporters réunis au milieu de la nuit à Stockholm. L’avance qu’elle évoque est pourtant infime. Après prise en compte de près de 95% des bureaux de vote, les résultats préliminaires créditent son bloc de 176 mandats contre 173 mandats pour l’alliance entre la droite et l’extrême droite, au pouvoir depuis 2022.
Et son rival, l’actuel Premier ministre Ulf Kristersson semble bien décidé à s’accrocher. « La question de savoir quel gouvernement dirigera la Suède dans les années à venir reste ouverte »,
a-t-il lancé à ses partisans lors de la soirée électorale de son parti.
Deux scénarios
La Suède va-t-elle donc assister au come-back de « Magda », comme on la surnomme dans ce pays nordique ? Ou au maintien au pouvoir d’Ulf Kristersson, avec l’entrée de ministres d’extrême droite, malgré le recul de leur parti passé de 20% à environ 17,5% des voix ? C’est ce qu’il faudra déterminer au cours des prochaines semaines, une fois le décompte terminé.
Il existe à ce stade deux scénarios. Soit une alliance des partis de gauche, ce qui n’est pas une mince affaire tant le bloc est morcelé. Les équipes de l’actuel Premier ministre conservateur, Ulf Kristersson, misent sur l’inverse. Ce dernier multiplie, lui, les appels du pied au parti centriste, actuel membre de l’opposition de gauche.
De longs mois durant, sa coalition gouvernementale, constituée en 2022 et alliée avec l’extrême droite au Parlement, était donnée perdante face au bloc de gauche. Mais des enquêtes d’opinion récentes lui ont donné quelques raisons d’espérer.
Un des principaux arguments de l’opposition contre sa candidature ? L’entrée de l’extrême droite au gouvernement. Ulf Kristersson s’est engagé à faire entrer les Démocrates de Suède dans son gouvernement en cas de victoire aux législatives. Cette question a mobilisé certaines des personnalités les plus connues de Suède. A commencer par Benny Andersson, un des membres du cultissime groupe ABBA, qui a revisité dimanche leur tube « Mamma Mia » pour rallier la candidate du bloc de gauche.