De nouvelles manifestations massives contre l’extrême droite ont lieu, samedi 8 février, en Allemagne, dont une très grosse mobilisation à Munich, dans le Sud du pays, avec plus de 200 000 personnes, selon la police de la capitale bavaroise. Lorsque la manifestation a débuté, à 14 heures, la police avait d’abord évoqué « plus de 100 000 » manifestants.
A deux semaines des élections législatives anticipées, qui auront lieu le 23 février, les manifestants, réunis sous le mot d’ordre « la démocratie a besoin de toi », mettent en garde contre toute collaboration avec le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), crédité d’environ 20 % des voix. Les organisateurs de la manifestation « Munich est multicolore » veulent donner « un signal fort en faveur de la diversité, de la dignité humaine, de la cohésion et de la démocratie » avant le scrutin.
Pour la journée de samedi, « Les grands-mères contre l’extrême droite », un mouvement créé en 2018 s’inspirant d’une initiative similaire en Autriche, ont appelé à des manifestations dans plusieurs villes, dont Hanovre (Nord), où 24 000 personnes, selon la police, ont défilé.
Dimanche dernier, 160 000 personnes, selon la police, avaient manifesté à Berlin, dans la capitale allemande, pour les mêmes motifs.
Les manifestations avaient été déclenchées la semaine dernière après le début de rapprochement du candidat conservateur (CDU) à la chancellerie, et favori des sondages avec environ 30 % des intentions de vote, Friedrich Merz, avec l’AfD : il s’était appuyé sur l’extrême droite pour faire adopter au Bundestag une motion non contraignante visant à bloquer tous les étrangers sans papiers à la frontière, y compris les demandeurs d’asile.
Jusqu’ici les partis traditionnels refusaient toute coopération au plan national avec l’extrême droite, au nom du « cordon sanitaire » dressé contre la formation nationaliste et xénophobe.
Réunis lundi en congrès, les conservateurs ont toutefois clamé haut et fort qu’ils excluaient tout gouvernement avec l’AfD, deuxième dans les sondages après les conservateurs.