Le milieu criminel corse est maître dans le brouillage de pistes et sait profiter de la rumeur publique, souvent confuse, pour dissimuler ses méfaits. L’affaire de Pierre Alessandri, un producteur d’huiles essentielles tué, le 17 mars, sur son exploitation d’agrumes à Sarrola-Carcopino (Corse-du-Sud), pourrait être un cas d’école. D’emblée, l’association anticorruption Anticor a présenté ce nationaliste, cofondateur du syndicat nationaliste étudiant Ghjuventù Paolina et porte-parole du syndicat agricole insulaire Via Campagnola, comme un « lanceur d’alerte » victime de son combat contre les fraudes aux aides agricoles. Pourtant, si l’on en croit les premiers éléments de l’enquête, l’histoire pourrait tout aussi bien être autre.
Vers 19 heures, le jour de sa mort, alors qu’il progresse à pied à l’intérieur de son exploitation, il est touché, une première fois, dans le dos par une arme à feu. Transporté en urgence à l’hôpital d’Ajaccio, il décède des suites de ses blessures dans la nuit. Le procureur de la République de la ville, Nicolas Septe, indique dans les jours qui suivent qu’il a ouvert une enquête pour « assassinat » et confie les investigations aux gendarmes. Les enquêteurs découvrent alors la présence d’un pas de tir à une vingtaine de mètres du lieu où le corps a été retrouvé par les premiers témoins.
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