Dans le quartier populaire de Prosperidad, à Madrid, deux artistes de cirque cubains débarquent avec quatre immenses valises devant le petit Hostel Thirty One, lundi 24 février. Gênés et un peu méfiants, Cristian, 19 ans, et Andrés, 29 ans – ils n’ont pas souhaité donner leur nom de famille –, affirment être venus pour « connaître l’Espagne ».
Après quelques minutes de conversation, les deux hommes, munis d’un visa de tourisme, finissent par reconnaître qu’ils espèrent trouver du travail et s’installer ici. « A Cuba, l’économie va très mal, il n’y a plus rien dans les boutiques, il faut faire la queue pendant des heures pour espérer obtenir de quoi manger », explique Cristian. « L’Espagne est un beau pays, des amis sont déjà venus, on va voir si on trouve un emploi », ajoute Andrés.
Un sac plastique à la main contenant quelques affaires, Rox Will Sanchez, un Vénézuélien de 29 ans, arrivé dix jours plus tôt, entre à son tour dans l’auberge de jeunesse. Ancien étudiant en ostéopathie à Caracas, il travaille déjà comme livreur pour la plateforme Glovo et loue un lit superposé dans un dortoir pour 12 personnes. Il paie entre 15 et 20 euros la nuit, selon les jours. « Il y a des gens du Venezuela, de Colombie, du Pérou, du Salvador et du Yémen… Ce ne sont pas vraiment des touristes, explique-t-il. Dormir ici est une solution, le temps de trouver mieux, pas trop cher. » Dans l’aéroport de Madrid-Barajas, près de 500 personnes dorment pour leur part dans les couloirs du terminal 4.
Il vous reste 85.85% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.