Un tribunal géorgien a condamné lundi 12 janvier l’ex-premier ministre Irakli Garibachvili à cinq ans de prison pour blanchiment d’argent, dans le cadre d’une campagne visant des hauts responsables longtemps associés au pouvoir.
Fin octobre 2025, des perquisitions avaient eu lieu chez une série de responsables qui étaient auparavant liés à la politique, à la justice et aux services de sécurité de ce pays du Caucase, qui traverse une crise politique depuis plus d’un an.
Irakli Garibachvili a été premier ministre de 2021 jusqu’à sa démission en 2024, après avoir déjà occupé ces fonctions entre 2013 et 2015. Après son arrestation, il avait reconnu avoir perçu des revenus illégaux pendant plusieurs années. Lundi, il a été condamné à cinq ans de prison et à une confiscation de biens après avoir conclu un accord de plaidoyer avec le parquet, selon lequel M. Garibachvili a reconnu sa culpabilité.
Considéré comme le bras droit du chef du parti au pouvoir
Les enquêteurs ont accusé l’ex-premier ministre d’avoir « perçu d’importants revenus illégaux » qu’il a ensuite légalisé grâce à de fausses déclarations de patrimoine, des achats de voitures et de patrimoine immobilier au nom de son père. Près de 6,5 millions de dollars ont été saisis lors des perquisitions dans son appartement, selon la même source.
Il était considéré comme le bras droit du puissant oligarque géorgien et chef du parti au pouvoir, Bidzina Ivanichvili, dont il gérait autrefois la fondation, la banque et le label musical. Des observateurs estiment que ces poursuites pourraient illustrer des luttes internes au sein de l’élite politique, dont plusieurs membres ont été visés par des sanctions occidentales.
Hormis M. Garibachvili, l’ancien chef des services secrets Grigol Lilouachvili, l’ancien procureur général Otar Partskhaladzé et d’autres responsables sont mis en cause.
La Géorgie, une ex-république soviétique frontalière de la Russie, est plongée dans une crise politique depuis les élections législatives d’octobre 2024, dont les résultats sont contestés par l’opposition pro-européenne, qui accuse le parti au pouvoir de fraude et de dérive autoritaire. Les autorités, qui ont réprimé la contestation, accusent en retour l’opposition de chercher à prendre le pouvoir par la force et de vouloir pousser le pays dans une confrontation avec la Russie.






