- Une marche silencieuse s’est tenue ce samedi près de Lausanne, en Suisse.
- Des centaines de personnes pour rendre hommage aux 40 victimes de l’incendie de Crans-Montana.
- Et une manière pour les proches de réclamer « justice et vérité ».
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Drame à Crans-Montana : des dizaines de morts dans l’incendie d’un bar le soir du Nouvel An
Un mois jour pour jour sépare cette marche silencieuse du drame qui a bouleversé la Suisse. Des centaines de personnes ont participé ce samedi 31 janvier à un hommage aux victimes de l’incendie meurtrier de Crans-Montana (nouvelle fenêtre). À Lutry, en banlieue de Lausanne, elles se sont d’abord réunies pour mêler leurs larmes au silence. La déambulation a été suivie de discours et d’applaudissements, afin de réclamer « justice et vérité »
.
Ce sont les parents et les proches des défunts (nouvelle fenêtre) qui ouvraient le cortège. Serrés derrière une large bannière blanche, ils y avaient inscrit les mots « Hommage aux victimes de Crans-Montana. Justice et vérité »
. Certains portaient des roses blanches à la main, tandis que d’autres brandissaient des pancartes annonçant « Vous n’êtes pas seuls »
. L’émotion était palpable. Au fil de la marche, de nombreuses personnes ont grossi les rangs du cortège, parti en début d’après-midi du stade de football du FC Lutry, qui a perdu sept jeunes pensionnaires (nouvelle fenêtre) dans l’incendie.

« Voilà Trystan qui aurait eu 18 ans dans quatre mois, mais je suis aussi la maman de 155 autres morts et victimes, on ira jusqu’au bout ! »
, a lancé devant la foule Vincianne Stucky, brandissant une photo de son fils. Comme 39 autres personnes, il est décédé dans l’incendie qui a ravagé Le Constellation dans la nuit du Nouvel An. « Aujourd’hui, il y a
ce manque de vérité qui est là
(nouvelle fenêtre), mais ce n’est pas sous forme de colère. C’est que moi, je veux savoir pourquoi nos enfants, dont mon fils, n’ont pas réussi à sortir. Pourquoi ? »
, a témoigné à l’AFP Laetitia Brodard-Sitre, mère d’Arthur, décédé à 16 ans. Comme nous vous l’expliquions dans cet article (nouvelle fenêtre), les avocats de plusieurs victimes accusent en effet les autorités de multiplier les erreurs judiciaires.

« On est condamnés à vivre, et c’est pire que d’être condamnés à mort, parce qu’on a cette souffrance qui restera jusqu’à la fin de nos jours »
, s’est émue la mère de Trystan. Avant de tonner un message à l’intention des autorités. « Ce qu’on demande aujourd’hui, c’est la vérité, la justice, d’arrêter de faire comme la Suisse aime faire, cacher, camoufler. »
Demander des réponses, c’est aussi le message d’Alexandre Fleury. « Lorsqu’on vit une tragédie où 40 personnes, 40 enfants, 40 adolescents sont partis et 100 et quelques sont en réhabilitation ou encore dans les soins intensifs, il y a quand même des questions à se poser »
, a déclaré à l’AFP ce père d’un jeune gravement blessé et toujours hospitalisé à Zurich. Ce dernier réclame une enquête « claire et objective, avec des gens compétents »
, alors que depuis le début de l’affaire le ministère public du canton du Valais est accusé de lenteur et de laxisme. Après avoir marqué un arrêt devant le temple de la ville, où les cloches ont retenti pendant plus de cinq minutes, la foule a déposé de nombreuses fleurs. Puis longuement applaudi. Avant de scander de concert : « Plus jamais ça ! ».








