Un vent glacial chargé d’humidité balaie la jetée d’un port de la région d’Odessa (Ukraine). Trois hommes cagoulés font le pied de grue, postés à côté d’une batterie antiaérienne dont les deux canons, dissimulés sous la bâche d’un camion militaire, pointent vers le large. A leurs pieds, le cadavre gelé d’une mouette disparaît doucement sous les flocons de neige, qui tracent des lignes presque horizontales à cause de la force du vent. Il est 22 heures et une énième alerte aérienne vient d’être déclenchée après qu’un essaim de drones d’attaque à long rayon d’action (de type Shahed) a été détecté venant de la Crimée occupée par la Russie.
La flotte militaire du président russe, Vladimir Poutine, a jusqu’ici échoué à imposer un blocus maritime destiné à étrangler l’économie ukrainienne. L’effort se poursuit par les airs, avec plus de 500 frappes aériennes sur les ports ukrainiens de la mer Noire et davantage encore contre l’infrastructure énergétique de la région d’Odessa, qui subit en outre un hiver exceptionnellement froid.
« Les attaques s’intensifient depuis décembre [2025], raconte Serhiï, commandant de la batterie antiaérienne. Il tombe de tout ici. Des missiles balistiques, des missiles de croisière, des Shahed… Voyez ces trous dans le mur… et cette mouette a été tuée par une onde de choc », poursuit cet officier qui a trente ans de carrière et n’est pas autorisé à donner son nom de famille, comme la plupart des militaires cités dans cet article.
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