Au lieu du raz-de-marée orange attendu, une vague bleue : Anutin Charnvirakul, le premier ministre sortant, et son parti, le Bhumjaithai, ou Parti de la fierté thaïe, ont largement remporté les élections législatives anticipées du 8 février, avec, après dépouillement de plus de 94 % des voix, 194 sièges – presque trois fois le score de 71 députés obtenu par le parti en 2023. La majorité absolue est fixée à 251 sièges, mais les conservateurs devraient sans peine rallier de petits partis pour gouverner.
Dans un scrutin à un seul tour, où le premier arrivé l’emporte dans 400 circonscriptions, les 100 autres sièges revenant aux listes de partis à la proportionnelle, l’opposition paie sa division en deux camps : les progressistes du Parti du peuple (parti orange), en deuxième position avec 116 sièges, et le Pheu Thai, ou Parti pour les Thaïlandais, du clan Shinawatra, dont l’aura de défenseur des plus pauvres a été ternie par une série d’affaires calamiteuses et l’incarcération du patriarche, l’ancien premier ministre Thaksin Shinawatra.
Les sondages plaçaient pourtant en tête le Parti du peuple, dirigé par Natthaphong Ruengpanyawut, une formation dissoute à deux reprises, arrivée en tête des élections de 2023 avec 151 sièges, mais empêchée de former une coalition par un sénat aux ordres de l’armée puis par une vendetta juridique. La victoire des « bleus » n’en est que plus retentissante, dans un pays où les conservateurs n’ont remporté aucune élection depuis plus de vingt-cinq ans et étaient accusés de revenir au pouvoir par d’autres moyens, notamment les coups d’Etat – deux en vingt ans.
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