L’opération militaire qui a conduit à l’enlèvement, en plein cœur de Caracas, de Nicolas Maduro, le président vénézuélien, et de Cilia Flores, son épouse, samedi 3 janvier, a fait une victime collatérale : le Congrès américain. Le principal organe législatif du pays, qui a normalement la main en matière de conflits armés à l’étranger, n’a été ni consulté ni informé en amont par le président des Etats-Unis, qui n’a pas caché une forme de dédain : « Le Congrès a tendance à faire fuiter les choses. » Signe de l’affaiblissement de l’institution parlementaire, John Thune et Mike Johnson, les deux leaders républicains au Sénat et à la Chambre des représentants, ont salué à l’unisson la décision de Donald Trump, sans un mot pour le piétinement de leurs prérogatives.
C’est logiquement de l’opposition démocrate que se sont élevées les principales critiques, et encore se sont-elles exprimées le plus souvent avec prudence. Alors que Donald Trump a annoncé l’arrestation de Nicolas Maduro à l’aube, l’essentiel des communiqués et autres réactions n’a afflué que dans l’après-midi. Comme s’il fallait peser chaque mot et ne surtout pas donner l’impression de s’associer au régime de Caracas : aux Etats-Unis, le chavisme de Nicolas Maduro, qui s’est maintenu au pouvoir malgré sa défaite électorale, fait office de repoussoir pour l’ensemble de la classe politique.
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