Depuis sa condamnation en première instance à une peine de cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, la riposte de Marine Le Pen n’est pas sans rappeler celle de son père en 1998. Le fondateur du Front national (FN) avait été, avant elle, condamné à une peine d’inéligibilité de deux ans – réduit à une année en appel – pour l’agression d’Annette Peulvast-Bergeal, la maire (Parti socialiste) de Mantes-La-Jolie (Yvelines), lors de la campagne des élections législatives 1997. A l’époque, l’ancien parachutiste et cofondateur du FN Roger Holeindre promettait de « renvoyer les journalistes merdouilles aux chiottes ». « S’il le faut, nous serons les premiers à appuyer sur la détente », menaçait le vice-président du parti, Dominique Chaboche.
Vingt-sept ans après, le ton a changé, mais la stratégie demeure. « On est plus dans le jeu des trente-cinq ressemblances que des sept différences », remarque l’historien spécialiste des extrêmes droites, Nicolas Lebourg, qui estime que Marine Le Pen, comme son père, s’inscrit dans « un récit de faits alternatifs » en « contestant une décision de justice au nom de l’Etat de droit ». Le Rassemblement national (RN) a appelé dimanche à une manifestation en soutien à sa cheffe de file place Vauban, à Paris. Les mots d’ordre – « Mobilisons-nous contre la tyrannie des juges », « Pour la liberté », « Sauvons la démocratie » – font écho à ceux du rassemblement organisé, vingt-sept ans plus tôt, à Versailles par Jean-Marie Le Pen – « Le Pen visé, Français touchés », « Assez d’entraves aux libertés » et saillies contre « le totalitarisme » des « procureurs socialistes ».
Il vous reste 75.64% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.