Eric Baratay est historien et spécialiste de l’histoire de l’animal. Le professeur à Lyon-III vient de sortir Une histoire animale du monde (Tallandier, 352 pages, 22,90 euros). Il s’intéresse à l’histoire du vécu, des émotions et des désirs de ces êtres vivants qui, pendant très longtemps, n’étaient considérés qu’à travers leurs interactions avec l’homme. Interrogé par Le Monde, il raconte l’histoire de ce regard anthropocentré, qui puise son origine dans la philosophie et la religion, et a perduré pendant des siècles.
Y a-t-il toujours eu une hiérarchie nette entre l’espèce humaine et les autres ?
Non, pas du tout. Dans l’Ancien Testament lui-même, il n’existe pas de barrière stricte entre les hommes et les animaux. S’agissant de l’arche de Noé, Noé prend place sur le navire au même titre que les autres animaux. C’est par la suite que l’Eglise a érigé la différence entre l’homme et l’animal en tabou absolu.
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