Plus qu’une victoire à mettre sur le compte du Rassemblement national (RN), c’est un triomphe personnel. Dimanche 22 mars, Eric Ciotti, 60 ans, a été élu maire de Nice avec 48,54 % des voix, devançant largement son rival de droite, le sortant Christian Estrosi (Horizons, 37,20 %), et l’écologiste Juliette Chesnel-Le Roux (14,26 %).
La confirmation, pour l’ancien président du parti Les Républicains (LR), désormais à la tête de l’Union des droites pour la République (UDR), que son choix de s’allier avec le RN, en 2024, était payant dans l’optique de conquérir la cinquième ville la plus peuplée de France. L’épilogue, aussi, d’une histoire longue de près de quarante ans avec son ancien mentor et ami Christian Estrosi, devenu son ennemi juré.
La première fois que Le Monde écrit le nom d’Eric Ciotti, le 20 octobre 2006, sous la plume de Philippe Ridet, les deux hommes filent le parfait amour. « Eric Ciotti, directeur de cabinet de Christian Estrosi, président du conseil général et ministre délégué à l’aménagement du territoire », vient d’être investi candidat aux élections législatives de 2007 par l’UMP dans la 1re circonscription des Alpes-Maritimes.
Le parti de droite dispose pourtant d’un député sortant en la personne de Jérôme Rivière. Mais ce dernier, « rêvant de conquérir la mairie de Nice en 2008, (…) heurte les ambitions de M. Estrosi, qui caresse le même espoir », souligne le journaliste. L’investiture d’Eric Ciotti permet donc d’éliminer un rival et de récompenser un fidèle, assistant parlementaire de Christian Estrosi depuis sa sortie de Sciences Po Paris, en 1988.
« Aspiré vers le sommet »
Une fois élu, le nouveau député se fait rapidement connaître pour ses prises de position très droitières, comme rapporteur du projet de loi sur la sécurité intérieure ou promoteur d’un texte visant à sanctionner les parents de mineurs délinquants.
A 44 ans, Eric Ciotti, fils de menuisier, est « un homme de l’ombre aspiré vers le sommet », note Franck Johannès, qui lui consacre un portrait, le 17 juin 2010. L’homme cumule alors les casquettes, de secrétaire national de l’UMP pour la sécurité – « ce qui n’est pas, à droite, un mince honneur », relève le journaliste – à « premier adjoint, chargé d’à peu près tout » à la mairie de Nice au côté de Christian Estrosi. Ce dernier lui a également laissé sa place à la tête du conseil général des Alpes-Maritimes.
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