• Face à la flambée des prix du carburant, la grogne dépasse désormais le seul monde de la pêche.
  • Plusieurs stations-service ont été vandalisées dans le Nord, tandis qu’en Charente-Maritime des manifestants sont descendus dans la rue pour exprimer leur ras-le-bol.
  • Regardez ce reportage du 13H de TF1.

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« Vous ne voyez pas qu’on est morts ? » À Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, les pêcheurs ont hurlé leur colère mardi 15 septembre. Réunis à l’appel des comités de pêche de Méditerranée, ces professionnels de la mer ont bloqué depuis 2h du matin l’accès à un dépôt pétrolier stratégique, où transite près de 10% du carburant de l’Hexagone. Pour les déloger et rétablir la circulation, les CRS ont été déployés, donnant lieu à un face-à-face tendu.

« Le gazole, c’est le nerf de la guerre », affirme Ange Natoli, patron armateur et membre de l’OP du Sud, au micro de TF1 dans le reportage du JT de 13H en tête de cet article. « Il est passé de 30 à 80% de notre chiffre d’affaires. On n’a plus de trésorerie, plus de moyens de rémunérer les marins qui font 100 heures par semaine pour gagner 150 euros. » La colère des pêcheurs porte sur une revendication précise : le doublement de l’aide de l’État sur le carburant. 

Malgré cette tension palpable entre pêcheurs et CRS, le ballet des camions-citernes a pu reprendre en fin de matinée, mené par des chauffeurs solidaires de la cause des pêcheurs. « Bien sûr qu’on comprend et on soutient. Ça fait longtemps qu’on le dit, il faut que tout le monde se mobilise maintenant », lance l’un d’entre eux à notre équipe.

Si le gouvernement baissait un petit peu ses taxes, ça irait peut-être un peu mieux

Un automobiliste

Dans le nord de la France, la mobilisation a pris une autre forme. Plusieurs stations-service ont été prises pour cible et vandalisées. Les écrans d’affichage sont brisés, les pompes mises hors service. Sur place, les usagers expriment des avis partagés. « C’est un coup de ras-le-bol, je pense, mais est-ce que c’est une solution en soi ? Je ne pense pas. Il faut qu’on aille bosser quand même », souffle un automobiliste. « Demandez au gouvernement, je crois que c’est plutôt lui le responsable », pointe un autre usager de la route. « S’il baissait un petit peu ses taxes, ça irait peut-être un peu mieux. »

Une « fausse bonne idée » écartée par le ministre de l’Économie, Roland Lescure, qui a rappelé son opposition à des mesures générales concernant tout le monde, y compris celles et ceux qui n’en ont pas besoin. Pour le patron de Bercy, la seule solution réside dans des aides ciblées. 

Une réponse qui ne suffit pas à apaiser la colère des manifestants. À La Rochelle, en Charente-Maritime, une cinquantaine de personnes se sont réunies à la mi-journée à l’appel d’un entrepreneur au son du slogan : « Essence trop chère, le peuple est en colère ». Une mobilisation qui se revendique citoyenne, sans étiquette politique ni syndicale, mais qui témoigne d’une grogne bien plus forte qui monte.

La rédaction de TF1info | Reportage : Marine BROSSARD, Lucie GLASSON et Eve CHENU

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