On les nomme « hébergeurs solidaires », parfois « hébergeurs citoyens », selon le sens que les associations et ceux qui les animent souhaitent donner à leur mission. Parfois, on ne les nomme pas, quand ils agissent sous les radars. Pour une nuit, un mois ou un an, ils sont quelques milliers à accueillir chez eux des inconnus pour leur éviter la rue.
Aujourd’hui, selon la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement, on dénombre « au moins » 350 000 personnes sans domicile fixe en France. Une explosion, puisqu’il y en avait 140 000 en 2012. Les profils sont nombreux : en majorité des étrangers, arrivés sans point de chute, de plus en plus de familles (dont 40 000 enfants). Des hommes, des femmes (pour un large tiers) au parcours cabossé, qui ont perdu un emploi, se sont séparés d’un conjoint, se sont fait expulser de leur logement. Des travailleurs précaires (un quart des SDF francophones ont un emploi), beaucoup de jeunes (un quart ont moins de 30 ans).
La plupart dorment dans des centres d’hébergement (203 000 places ouvertes chaque soir dans le parc d’hébergement généraliste, 121 000 places dans le dispositif national d’accueil pour les demandeurs d’asile), mais entre 30 000 et 40 000 sont contraints de passer la nuit dehors ou dans des squats. Il y aurait plus de 2 000 enfants parmi les sans-abri.
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