- C’est la première fois que la Nasa doit évacuer un équipage de la Station spatiale internationale à cause d’un problème de santé.
- À bord, les astronautes ont des médicaments et du matériel médical de pointe à leur disposition.
Les membres de l’équipage Crew-11, dont la mission à bord de l’ISS a dû être interrompue en raison d’un problème médical (nouvelle fenêtre), ont effectué ce jeudi 15 janvier leur retour sur Terre. Après 167 jours dans l’espace, les Américains Mike Fincke et Zena Cardman, le Russe Oleg Platonov et le Japonais Kimiya Yui ont amerri de nuit dans l’océan Pacifique, au large de la Californie.
Le quatuor d’astronautes avait rejoint le laboratoire orbital en août et devait y rester jusqu’à une prochaine rotation, prévue pour mi-février. C’est la première fois dans l’histoire du laboratoire spatial – qui accueille des astronautes depuis le début des années 2000 – qu’un équipage fait l’objet d’un rapatriement anticipé.
De la fonte musculaire à l’exposition aux rayonnements en passant par l’impact psychologique du confinement, les voyages spatiaux mettent à rude épreuve la santé des heureux élus. La gravité est quasiment nulle, ce qui a des conséquences sur les os et les muscles. De plus, avec la microgravité, le système immunitaire est moins performant, si bien que les astronautes peuvent développer des infections qu’ils n’auraient jamais contractées en temps normal. Certains développent des pathologies oculaires ou des thromboses veineuses (caillots sanguins). Mais dorénavant, les équipages peuvent soigner eux-mêmes des pathologies qui, par le passé, auraient nécessité un retour sur Terre.
Avant leur départ, les astronautes reçoivent une formation approfondie leur permettant d’effectuer des gestes de premiers secours, comme une réanimation cardiopulmonaire, de pratiquer une trachéotomie pour libérer les voies respiratoires, de poser des perfusions intraveineuses et d’insérer un cathéter. La station spatiale abrite divers équipements médicaux : du matériel d’intubation, des kits de prélèvement sanguin et urinaire, des électrocardiographes, des tensiomètres et des échographes à des fins de diagnostics. L’ISS dispose également d’une importante réserve de médicaments, notamment des anesthésiques, des antiémétiques (nausées et vomissements), des solutions de réhydratation et des antibiotiques.
Nous disposons d’un ensemble très performant d’équipements médicaux à bord de la Station spatiale internationale
Nous disposons d’un ensemble très performant d’équipements médicaux à bord de la Station spatiale internationale
Le médecin en chef de la Nasa, James Polk
Il existe cependant des limites à la quantité d’équipements que la station spatiale peut accueillir. Le laboratoire orbital ne dispose ni d’un appareil d’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour examiner les membres d’équipage, ni de suffisamment de fournitures ou d’espace pour réaliser des interventions chirurgicales complexes. « Nous disposons d’un ensemble très performant d’équipements médicaux à bord de la Station spatiale internationale, mais nous n’avons pas tout le matériel dont je disposerais aux urgences, par exemple, pour effectuer l’examen complet d’un patient »
, a déclaré le médecin en chef de la Nasa, James Polk, lors d’un point presse.
Les soins médicaux disponibles à bord de l’ISS sont comparables à ceux qu’un ambulancier pourrait prodiguer lors d’un transport vers l’hôpital, décrivait, en 2021, l’ancien astronaute américain Tom Marshburn, lui-même médecin. L’agence américaine estime qu’avec des missions d’exploration spatiale plus longues, « le besoin potentiel pour des soins d’urgence augmente, dont des procédures chirurgicales allant de simples points de suture sur des coupures, à des activités plus complexes »
. Les voyages prévus sur la Lune et un jour peut-être sur Mars sont bien trop lointains pour que les astronautes puissent être rapatriés sur Terre en cas de problème de santé.
L’agence spatiale américaine développe des technologies médicales, en misant sur les biocapteurs portables, l’imagerie portable, la bioimpression 3D ou encore la télémédecine. En 2024, des chirurgiens ont réussi à diriger à distance un petit robot et à simuler depuis la Terre des techniques de base utilisées lors d’opérations. La difficulté réside dans le délai de communication entre la Terre et la station spatiale, qui est d’un peu moins d’une seconde. Sur la Lune, le délai peut être de plusieurs minutes, et sur Mars jusqu’à 45 minutes. Impossible d’effectuer une intervention chirurgicale dans ces conditions. Autant dire que les astronautes ne pourront compter que sur eux-mêmes en cas de complications.












