C’est un avis pas du tout réjouissant qu’a publié, mardi 24 mars, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et qui, pour donner le ton, s’ouvre sur une scène que l’on croyait reléguée aux heures les plus tragiques de l’histoire : « Nous ne sommes pas à Berlin, nous ne sommes pas en 1933. Nous sommes en Bretagne, au printemps dernier, en juin 2025. C’était le mois des fiertés, principale manifestation LGBTQIA+, ce fut aussi celui d’un autodafé, commis par des militants d’extrême droite, filmé sur la plage, après le vol de neuf livres sur l’identité de genre, d’orientation sexuelle dans une médiathèque. »
Intitulé « Contrer les entraves aux libertés de la création et de la diffusion artistiques », cet avis long de 90 pages glaçantes, signé des rapporteurs du CESE, Souâd Belhaddad, journaliste franco-algérienne, et Vincent Moisselin, vice-président de la Fédération des entreprises du spectacle vivant, de la musique, de l’audiovisuel et du cinéma, dissèque une réalité sombre qui ne cesse de prospérer : la culture, sous toutes ses formes d’expression, est aujourd’hui, selon ses auteurs contactés par Le Monde, « la cible récurrente de franges désinhibées d’une société française polarisée, devenue incapable de débattre sereinement, voire pacifiquement, dans l’espace public ».
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