Bien sûr, il a déjà crié victoire. En onze jours de bombardements américano-israéliens sur l’Iran, les résultats sont là, disait Donald Trump en début de semaine : stock de missiles et lanceurs en voie d’épuisement ; aviation détruite, marine coulée ; centres de commandement démolis. Face à l’extérieur, la République islamique d’Iran est désarmée. A l’intérieur, elle a perdu nombre de ses dirigeants, mais elle contrôle toujours le pays. Et maintenant ? Que se passera-t-il « le jour d’après » la proclamation définitive de la victoire par le président américain ?
Trump a pris ses précautions. Il n’a cessé de varier dans les objectifs fixés à l’opération « Fureur épique ». La seule destruction du potentiel militaire de la République islamique peut lui suffire pour proclamer une victoire d’ampleur historique. C’est un résultat qui modifie le profil stratégique du Moyen-Orient et dont aucun de ses prédécesseurs n’aurait osé rêver, dira-t-il. Pas de changement de régime à Téhéran ? Il s’en est expliqué dès le 28 février dans son adresse aux Iraniens : « Fureur épique » terminée, « c’est à vous qu’il reviendra de s’emparer du gouvernement, ce sera votre tâche et probablement une occasion qui ne se reproduira pas avant des générations ».
Bon tacticien, Trump jure que « Fureur épique » peut durer longtemps encore. Rien n’est moins sûr. La guerre ne dépasse pas les 30 % de soutien dans l’opinion américaine ; elle fait exploser le prix de l’énergie ; l’emploi se dégrade à grande vitesse ; les élections de mi-mandat, début novembre, s’annoncent serrées : autant de contraintes domestiques.
Nouvelle ère
Un rendez-vous important attend le président à l’étranger : fin mars-début avril, une rencontre à Pékin avec Xi Jinping. En meilleurs termes avec la République islamique, la Chine vitupère l’attaque américaine contre un pays, l’Iran, qui est l’un de ses principaux fournisseurs d’hydrocarbures, un relais important dans les « routes de la soie » chères à Xi et un partenaire qualifié de « stratégique » auquel l’industrie de défense chinoise vend nombre de matériels. Difficile d’imaginer la tenue du sommet de Pékin si « Fureur épique » gronde encore. Sans doute faudra-t-il annoncer la victoire d’ici à la fin mars. Ce qui laisse entière la question du « jour d’après ». Esquissons, prudemment, trois scénarios.
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