- Vitesse, insécurité, conditions climatiques…
- Les conducteurs de deux-roues motorisés se sentent toujours en insécurité sur la route.
- La sixième édition du baromètre assurances, réalisé par Toluna-Harris Interactive, montre qu’au guidon les conducteurs font davantage preuve de prudence, même si des comportements à risque subsistent.
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En 2024, 720 personnes sont mortes au guidon de leur deux-roues motorisées. Les chiffres de la Sécurité routière (nouvelle fenêtre) montrent qu’un décès sur cinq environ (21% en 2024) survient à deux-roues. La majorité des accidents mortels concerne les motos de cylindrée supérieure à 50 cm³. L’absence de carrosserie provoque des traumatismes graves, des brûlures ou des risques d’infection en cas de contact avec la route.
La sixième édition de l’Observatoire consacré aux deux-roues, réalisée par Toluna-Harris Interactive pour BPCE assurances, montre que le sentiment d’insécurité persiste chez les conducteurs de motos et scooters (nouvelle fenêtre): 79% des 1.045 conducteurs interrogés s’estiment plus exposés aux accidents que les automobilistes. L’analyse des sinistres confirme cette vulnérabilité : l’inattention, souvent liée à des consultations du téléphone (nouvelle fenêtre), et les erreurs de trajectoire, de priorité ou de changement de file demeurent les motifs principaux d’accidents. Les personnes conduisant leur moto ou scooter au moins une fois par mois jugent difficile la cohabitation avec les automobilistes. Plus des trois quarts (76%) se sentent mis en danger par les voitures et une proportion similaire (78%) par les trottinettes (nouvelle fenêtre)et vélos en ville. Les motards interrogés (71%) estiment que les aménagements de la route ne les protègent pas suffisamment.
Une vigilance accrue…
Face à cette vulnérabilité croissante, les pilotes de deux-roues se protègent davantage. Quatre conducteurs sur cinq (80%) affirment redoubler de prudence. Ils font d’autant plus attention lorsque les conditions climatiques se dégradent : 56% des conducteurs de deux-roues disent adapter systématiquement leur conduite en cas de mauvaise visibilité, soit un bond de dix points par rapport à 2025.
Le contrôle technique obligatoire depuis deux ans, pourtant critiqué par de nombreux motards, convainc davantage : plus des deux tiers des sondés (68%) estiment qu’il améliore la sécurité et une proportion quasiment égale (61%) affirme que cette obligation les incite à entretenir davantage leur véhicule.
… mais des comportements à risque toujours nombreux
L’étude souligne une contradiction majeure dans le comportement des motards : il existe un décalage flagrant entre la vigilance assumée et des pratiques encore très risquées. Beaucoup de conducteurs admettent toujours rechercher de la vitesse. Un motard sur trois (33%) reconnaît dépasser les limites autorisées. Ce chiffre grimpe à 44% chez les 18-24 ans.
Et si 74% des conducteurs de deux-roues motorisés jugent la pratique de l’inter-file dangereuse, ils restent nombreux (80%) à réaliser ces dépassements entre deux voies de circulation pour progresser plus rapidement.
Comme en voiture, la distraction numérique perturbe également les motards. Près d’un sondé sur deux (49%) reconnaît utiliser son téléphone en pilotant. Cette pratique dangereuse se ressent plus encore chez les jeunes (65% des 18-24 ans) et en région parisienne (59% des conducteurs). « Cette ambivalence comportementale se heurte aujourd’hui à un cadre de plus en plus réglementé : normes environnementales, contrôle technique obligatoire, durcissement des amendes pour excès de vitesse, etc. Face à cette nouvelle réalité, les conducteurs de deux-roues naviguent entre acceptation et sentiment de contrainte »
, analysent les auteurs de l’étude.

