- Le Moyen-Orient s’est embrasé, samedi 28 février, après le lancement de frappes israélo-américaines contre l’Iran.
- « La France n’a été ni prévenue ni impliquée » dans cette opération, a assuré Emmanuel Macron.
- Ce dimanche soir, Paris, Londres et Berlin se disent prêts à des « actions défensives » pour « détruire à la source la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones ».
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Moyen-Orient : les États-Unis et Israël frappent l’Iran
La France va-t-elle agir à son tour ? Depuis le lancement de frappes menées conjointement par les États-Unis et Israël contre l’Iran samedi 28 février, la tension est extrême dans l’ensemble du Moyen-Orient. Koweït, Arabie saoudite, Qatar, Oman… De nombreux pays ont été visés par des tirs de riposte de Téhéran ces dernières heures. Au nord-est de la péninsule arabique, les Émirats arabes unis ont eux aussi été bombardés à plusieurs reprises. Avec une information concernant directement la France, ce dimanche : un site de l’armée française a été touché par des drones iraniens.
Un entrepôt de la base navale d’Al Salam, à Abou Dhabi, a en effet été endommagé par deux engins de la République islamique, comme confirmé dans l’après-midi par la ministre des Armées, Catherine Vautrin. « Un hangar de notre base navale mitoyenne de celle des Émiriens a été touché dans une attaque de drones qui a ciblé
le port d’Abou Dhabi
« , a-t-elle indiqué sur son compte X. « Les dégâts ne sont que matériels et limités. Aucun blessé n’est à déplorer. La vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d’heure en heure.
»
Paris, Londres et Berlin prêts à des « actions défensives »
Samedi, quelques heures après le début de l’opération israélo-américaine, Emmanuel Macron avait indiqué que la France n’avait été « ni prévenue ni impliquée
» dans celle-ci. Dans un premier temps, le président de la République avait affiché une certaine distance face aux événements au Moyen-Orient, appelant à « cesser
» une « escalade dangereuse pour tous
« . Mais, après l’incident à Abou Dhabi et les frappes continues de l’Iran dans la région, le ton semble désormais s’être durci du côté de l’Élysée. « Tout cela nous conduit là aussi à rehausser notre posture et notre accompagnement défensif et pouvoir adapter la posture à l’évolution des dernières heures, que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer
« , a lancé dimanche Emmanuel Macron lors d’un nouveau Conseil de défense.
Plus tard dans la soirée, un communiqué conjoint de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne a donné des précisions sur la position rapidement évoquée par le chef de l’État face à la presse. Les dirigeants des trois pays se disent prêts à des « actions défensives proportionnées
» dans l’optique de « détruire à la source la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones
« . Dans cette déclaration, Emmanuel Macron, Keir Starmer et Friedrich Merz s’affichent « consternés
» par les tirs iraniens « à l’aveugle et disproportionnés
« , y compris contre des pays non impliqués dans les frappes menées par Israël et les États-Unis.
Une importante présence militaire dans la région
La France est très présente dans la région. Elle dispose de bases à Djibouti, aux Émirats arabes unis – où sont stationnés 900 militaires français – ou encore en Jordanie. Des forces françaises sont aussi déployées en Irak pour lutter contre le terrorisme, tout comme au Liban et en mer Rouge, dans le cadre de coalitions internationales. Au total, 5000 militaires français sont déployés au Moyen-Orient. Mais ces troupes sont souvent situées à proximité de bases américaines… qui peuvent donc constituer des cibles potentielles pour l’armée iranienne.
Dans ce contexte, différentes options sont envisageables pour Paris afin de venir en aide à ses alliés, en particulier la Jordanie et les Émirats arabes unis. Que peut faire la France concrètement ? « Faire décoller des avions français pour aller intercepter des missiles qui visent ou des bases de la région ou Israël
« , répond Grégory Phillips, rédacteur en chef international à LCI, dans le sujet du 20H de TF1 à retrouver en tête de cet article. « C’est ça le travail qui peut être fait éventuellement par les armées européennes qui sont présentes dans la région. C’est une action défensive. On ne parle pas du tout, à ce stade en tout cas, d’action offensive contre l’Iran.
«
Lors du Conseil de défense, Emmanuel Macron a par ailleurs indiqué que Paris se préparait à « pouvoir rapatrier
» les ressortissants français pour le moment bloqués dans la région « dès que les espaces aériens seront ouverts
« . « Nous sommes prêts à procéder aux évacuations pour nos compatriotes qui le demanderaient quand la situation le permettra
« , avait indiqué ce midi la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, lors d’une interview sur RTL.








