- Les inondations à répétition vont-elles nous priver de certains fruits et légumes et de viande dans les prochains mois ?
- Des centaines d’exploitations agricoles sont sous l’eau depuis plusieurs jours.
- Cela aura-t-il des conséquences à long terme ? Le 20h de TF1 s’est rendu en Lot-et-Garonne pour le savoir.
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La France sous la pluie, des crues majeures dans l’ouest
Dans ce bâtiment agricole à Aiguillon (Lot-et-Garonne), l’eau est montée à plus de 40 centimètres. À l’intérieur de celui-ci se trouvaient près de 9.000 poussins. Malheureusement, aucun n’a pu être sauvé. « Au pire, j’en aurais pris une dizaine, je les aurais amenés à la maison. Mais sur 8000, il n’y avait pratiquement rien à faire. Ça fait mal »
, nous confie Frédéric Princic, éleveur de poulets, la voix étranglée par l’émotion. L’éleveur a aussi perdu plusieurs milliers d’euros. Son bâtiment n’avait jamais été inondé. « C’est la première fois que je noie des animaux en 39 ans »
, dit-il les yeux rougis.
Les violentes inondations ont aussi touché les cultures. Le Lot-et-Garonne, jardin de la France, est sous l’eau. « Tant que l’eau ne s’est pas retirée, on ne peut rien faire », constate. Au bout d’une route à Port-Sainte-Marie, les arbres fruitiers et les kiwis de de Marie-José Sanz sont inaccessibles. Pour sauver sa production, elle espère une décrue rapide. « Ça étouffe et ça empêche les racines de nourrir l’arbre. Il pourrait y avoir beaucoup de pertes. C’est des choses qu’on mesurera dès qu’on pourra accéder de nouveau au verger »
, explique-t-elle.
La problématique, c’est la proximité entre chaque événement climatique. En 15 jours, on aura eu deux tempêtes et deux crues.
La problématique, c’est la proximité entre chaque événement climatique. En 15 jours, on aura eu deux tempêtes et deux crues.
Mickael Bazile, directeur de la Sacfel
Autre fruit emblématique du Lot-et-Garonne (nouvelle fenêtre), la fraise. En ce moment, plusieurs exploitations, comme celle de Sylvie Zannuttigh à Damazan, ne sont accessibles qu’en tracteur. Il y a plus d’un mètre d’eau dans certaines serres. D’autres sont moins touchées, mais les fraises pourraient quand même s’abîmer. « Ça va créer un climat un peu tropical. Ça va générer des champignons. Une fois qu’ils sont atteints, il faut les sortir du pied et les jeter. On sait déjà qu’il va y avoir beaucoup de pertes »
, nous explique la productrice de fraises. Les pertes seront importantes, mais il est encore trop tôt pour les connaître précisément. « On peut dire assez facilement qu’on risque d’avoir 5 à 10% de pertes de rendement. Aujourd’hui, la problématique, c’est la proximité entre chaque événement climatique. En 15 jours, on aura eu deux tempêtes et deux crues. C’est le pire pour les agriculteurs qui sont concernés »
, déplore Mickaël Bazile, directeur de la Sacfel (Société Aiguillonnaise de commercialisation de fruits et légumes).
Les producteurs craignent que le passage de la tempête Pedro (nouvelle fenêtre), attendu ce jeudi, ne fasse de nouveaux dégâts. « La dépression Pedro circule sur le pays ce jeudi et génère un épisode de vent fort sur le Roussillon, de fortes vagues sur la côte atlantique et de forts cumuls de neige sur les Alpes engendrant un fort risque d’avalanches »
, assure Météo-France.










