Personne n’ose parler d’aubaine. Mais au siège de Renaissance, rue du Rocher, à Paris, flotte un doux parfum d’espoir. Comme si le coup de tonnerre provoqué lundi 31 mars par la condamnation de Marine Le Pen à une peine d’inéligibilité, qui pourrait concerner la présidentielle de 2027, pouvait permettre au parti présidentiel et à son secrétaire général, Gabriel Attal, en disgrâce depuis la dissolution de juin 2024, de revenir au cœur du jeu politique.
Par le jeu du hasard, le parti a programmé son grand meeting de « refondation » dimanche 6 avril, le jour même où Marine Le Pen appelle ses soutiens à manifester place Vauban, à Paris, pour dénoncer un procès « politique ». Pour mémoire, la leader d’extrême droite, jugée coupable d’avoir orchestré le détournement de 4,1 millions d’euros de fonds européens au profit du parti lepéniste, a été condamnée à quatre ans d’emprisonnement (dont deux ans ferme avec pose de bracelet électronique), à 100 000 euros d’amende et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire.
Les équipes de l’ancien premier ministre se mettent à rêver d’un face-à-face dimanche. D’un côté, la voix des « démocrates » portée par Gabriel Attal, qui a convié ses alliés, le premier ministre, François Bayrou, patron du MoDem, et le chef du parti Horizons, Edouard Philippe, officiellement candidat en 2027, ainsi que des représentants ukrainiens ; de l’autre, l’extrême droite française, soutenue par les autocrates du Kremlin et les régimes illibéraux comme celui de Viktor Orban en Hongrie, ainsi que par Donald Trump.
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