La longévité des dauphins femelles du golfe de Gascogne a chuté de sept ans de 1997 à 2019, une baisse principalement due « aux activités humaines en mer », qui « menace la survie » de cette espèce protégée, alertent mardi 24 février des scientifiques.
Chaque hiver, « des centaines, voire plus d’un millier de dauphins morts » « s’échouent sur le littoral français », rappellent mardi dans un communiqué l’université de La Rochelle et le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), auxquels est rattaché l’observatoire Pelagis, qui a réalisé une étude sur le sujet, publiée en octobre 2025 dans la revue Conservation Letters.
Ce phénomène, observé depuis les années 1990, a explosé depuis 2016 dans cette zone allant du Finistère au Pays basque, principalement en raison des captures accidentelles de dauphins par la pêche, selon Pelagis, qui coordonne le Réseau national Echouages.
Les « prélèvements biologiques » effectués sur les dauphins échoués « permettent de déterminer l’âge des animaux au moment de leur mort », précise-t-on dans le communiqué. A partir d’un échantillon de 759 animaux, l’étude a permis d’établir que « la longévité moyenne des dauphins femelles dans le golfe de Gascogne est passée de vingt-quatre ans à dix-sept ans en seulement deux décennies ». Cette chute « menace directement la survie à long terme de l’espèce », notamment car les femelles, capables de se reproduire à l’âge de 7 ans, ne donnent naissance « qu’à un seul petit tous les deux à trois ans », soulignent encore les chercheurs.
Interdiction de la pêche
Le gouvernement, pressé par la Commission européenne et le Conseil d’Etat, a interdit la pêche pendant quatre semaines en hiver dans le golfe de Gascogne en 2024, en 2025 et en 2026, pour sauvegarder cette espèce protégée.
Cette pause de la pêche a réduit de 60 % les captures accidentelles à l’hiver 2024-2025, selon Pelagis (1 900 dauphins communs sont morts, contre 4 700 en moyenne les hivers de 2017 à 2023). Le CIEM, organisme scientifique international de référence, estime à 4 900 morts le niveau maximal annuel soutenable pour l’espèce dans « l’unité de gestion de l’Atlantique du Nord-Est », une zone bien plus vaste que le golfe de Gascogne.
Le ministère de la mer ne s’est pas encore prononcé sur une nouvelle fermeture de la pêche l’an prochain, rappelant que cette mesure n’était « pas une solution de long terme ». Cette mesure est « efficace à court terme, mais coûteuse sur le plan économique et social », ce qui incite à « évaluer des options alternatives », ont également estimé le mois dernier les membres du projet Delmoges sur les captures accidentelles de dauphins, piloté par l’Ifremer, La Rochelle Université et le CNRS, en partenariat avec le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins.









