Le prix du kérosène a doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février, les compagnies aériennes américaines n’étaient pas couvertes contre ce risque, et c’est le passager qui va payer l’addition. Ainsi se résume la situation aux Etats-Unis, alors que les trois compagnies principales – Delta, United et American Airlines – ont annoncé un surcoût de 400 millions de dollars (345 millions d’euros) au mois de mars. Le choc a lieu dans un contexte difficile : les tempêtes hivernales ont paralysé la moitié est des Etats-Unis pendant l’hiver, la fermeture (shutdown) partielle de l’administration allonge les files d’attente pour passer les contrôles de police, tandis qu’une collision avec un camion de pompiers ayant tué les deux pilotes d’un avion d’Air Canada, dimanche 22 mars à l’aéroport new-yorkais de La Guardia, confirme que le réseau américain est au bord de la saturation.
« Le carburant d’aviation a presque doublé depuis le début de l’année. Il ne s’agit donc pas uniquement du prix du brut ; les marges de raffinage sont également nettement supérieures à ce qu’elles étaient », a déclaré, mardi 17 mars, le PDG de Delta, Ed Bastian, à une conférence organisée par la banque J.P. Morgan. « Ce sera la première fois que notre secteur d’activité traversera un choc pétrolier aussi soudain sans que personne ne dispose de couvertures contre la fluctuation des prix du carburant », a-t-il ajouté. A l’exception notable, justement, de Delta, qui dispose de sa propre raffinerie de Monroe Energy, sise au sud de Philadelphie sur la Côte est, et peut se protéger ainsi, non pas contre la hausse du brut, mais contre celle des marges.
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