Depuis trois ans, l’ingéniosité et les capacités d’adaptation de l’armée ukrainienne ont été largement vantées, notamment en ce qui concerne l’usage des drones. Ce sont pourtant les forces russes qui ont pris l’avantage, ces derniers mois, dans ce domaine avec une innovation qui a, semble-t-il, pesé lourd dans la reconquête, encore partielle, de la partie occupée de l’oblast de Koursk. Elles ont ainsi été les premières à recourir à l’automne aux drones filoguidés, c’est-à-dire commandés à l’aide d’un long et fin cordon de fibre optique, pour résoudre le problème du brouillage électronique.
L’usage des drones FPV (First Person View), des appareils de petite taille utilisés aussi bien pour la reconnaissance que pour l’attaque, s’est généralisé des deux côtés du front, où ils occupent une place prépondérante. Selon un rapport du Royal United Services Institute (RUSI) paru en février, 60 % à 70 % des dommages matériels subis par l’armée russe sont désormais dus à ces appareils. Leur multiplication est telle que les deux camps se sont peu à peu dotés de dispositifs de brouillage pour les neutraliser en perturbant le signal radio entre le pilote et son appareil. Afin d’échapper à ces brouilleurs, les ingénieurs ont eu l’idée de les doter d’un lien physique imperturbable tant qu’il ne se rompt pas, ce qui se faisait déjà depuis des décennies pour certains missiles antichars, tels les modèles américains TOW.
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