Washington trompette, Moscou tempère. Loin du cessez-le-feu total de trente jours voulu par le président américain Donald Trump, les accords annoncés mardi 25 mars visent à cesser les hostilités en mer Noire. Après deux jours de négociations menées depuis dimanche par les Etats-Unis en Arabie saoudite avec la Russie et l’Ukraine, sans rencontres directes entre eux, « les deux pays ont accepté d’assurer la sécurité de la navigation, de supprimer l’usage de la force et d’empêcher l’utilisation de navires commerciaux pour des objectifs militaires en mer Noire », s’est félicitée la Maison Blanche dans un communiqué. Mais le Kremlin de Vladimir Poutine n’a pas tardé à prévenir que, liste détaillée à l’appui, ces accords s’appliqueraient seulement « après » la levée des sanctions occidentales qui, selon lui, ciblent les céréales et engrais russes à l’export.
Après douze heures de discussions, lundi à Riyad, entre délégations russe et américaine, une déclaration commune avait été annoncée comme imminente. Mais ces deux communiqués séparés de Moscou et Washington confirment à eux seuls la fragilité des accords. Et ils cachent l’essentiel : pas de vraie trêve. Sur le cessez-le-feu pour les infrastructures énergétiques, l’autre grand objectif après l’appel téléphonique entre M. Trump et M. Poutine le 18 mars, les progrès sont maigres une semaine après. Alors que Kiev et Moscou s’accusent mutuellement de poursuivre de telles attaques, le Kremlin s’est contenté d’annoncer vouloir avec la Maison blanche « élaborer des mesures » pour l’application de cette trêve. Mais toujours pas d’accord formel en vue.
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